Deux affaires récentes nous rappellent que la liberté d'utiliser l'Internet et d'accéder aux contenus proposés sur la toile n'est pas la même pour tous.
Internet est souvent présenté comme un moyen de faire tomber les frontières et de réunir les communautés du monde entier. C'est aussi un fantastique outil de partage du savoir.
Or pour certains, ces deux paramètres sont considérés comme étant au mieux des désavantages, au pire tout simplement dangereux.
Des sites souvent bloqués
En Chine par exemple, on a pris l'habitude de bloquer l'accès aux sites susceptibles de véhiculer des propos ou des informations non conformes à la ligne officielle du parti.
Le 16 octobre, la très célèbre encyclopédie gratuite Wikipedia.org a indiqué avoir été enfin partiellement débloquée en Chine : "Pour la première fois depuis près d'un an, les Internautes situés en Chine peuvent accéder à la plupart des contenus de Wikipedia sans avoir à utiliser des subterfuges techniques pour contourner les blocages."
Wikipedia précise avoir déjà été bloqué par les autorités chinoises auparavant, mais jamais aussi longtemps. "Deux blocages en 2004 avaient duré quelques jours, au pire quelques semaines."
Néanmoins la partie chinoise du site reste globalement inaccessible dans le pays. C'est bien entendu celle qui est la plus utilisée par les Internautes chinois…
Ralentir pour décourager
En Iran, on utilise d'autres tactiques pour restreindre l'accès à Internet et en freiner l'utilisation. Le gouvernement a donné l'ordre aux fournisseurs d'accès de limiter les vitesses de connexion en haut débit. La logique – qui ressemble beaucoup à celle appliquée par la mairie de Paris en matière de circulation dans la ville – est, sans interdire, de gêner au maximum les utilisateurs pour les décourager.
D'après les informations du journal britannique The Guardian, les vitesses de connexion sont dorénavant limitées à 128 k (sachant qu'en Europe, des connexions à 8 mégas sont aujourd'hui monnaie courante). L'idée serait de rendre beaucoup plus difficile le téléchargement de musiques, émissions de télévision ou films occidentaux, considérés par les autorités comme délétères pour les jeunes générations iraniennes.
La Guardian rappelle également que l'Iran n'hésite pas à reprendre les méthodes chinoises. Par le biais d'équipement et de technologies américaines utilisés par les autorités iraniennes, le pays serait aujourd'hui, après la Chine, celui où le plus grand nombre de sites Internet sont "filtrés".