Notre envoyé spécial au Forum sur la Gouvernance de l'Internet, le président de l'ISOC France Sébastien Bachollet, nous fait pénétrer au cœur de cet évènement très centré sur les problématiques de gouvernance sur Internet.
1500 inscrits, plus de 1000 participants et une salle de 700 places pour assister à l’ouverture en grande pompe de cette première réunion du Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI) qui se tient du 30 octobre au 2 novembre 2006 à Athènes.
La chasse au badge permettant d’avoir une chaise à rapidement nécessité de faire jouer ses réseaux. On pouvait, bien sur, assister à la retransmission dans une salle voisine mais alors pourquoi venir à Athènes puisqu’un système de retransmission par Internet est aussi mis en place ?
La matinée a été consacrée à l’ouverture officielle, très ounusienne, avec un accueil par le premier ministre grec, Konstantinos Karamanlis et l’intervention d’un certain nombre de responsables politiques, d’un "représentant" de la "société privée", d’une "représentante" de la "société civile" et des "pères" de l’Internet (ndr : l'ICANN a d'ailleurs immédiatement communiqué sur sa forte présence au FGI, publiant notamment le discours d'ouverture de Vint Cerf, le président du Conseil d'administration de l'ICANN).
Les patrons de l'ICANN sur le grill
Le représentant du secrétaire général de l’ONU, Nitin Desai, a affiché l’espoir que ce Forum permette une meilleure compréhension et partage des enjeux de la société de l’information. Ce message a été donné au nom de Kofi Annan (ndr : secrétaire général des Nations Unies) qui a conduit le processus du Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI), de sa conception à la mise en place de ce Forum, et du Sud Coréen Ban Ki-Moon (ndr : le prochain secrétaire général - à partir du 1er janvier 2007).
L’après-midi a donné lieu à un exercice plus difficile mais plus intéressant: A la tribune, 15 représentants des différents "stakeholders" devaient répondre aux questions de la salle et d’un animateur – journaliste à "The Economist".
L’ICANN (comme les autres organisations existantes) ne devait pas être l’objet des débats, il faut croire que c’est un passage obligé ! Pour mieux l’oublier ? Beaucoup en on parlé même sans la nommer.
Le secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) Yoshio Utsumi a insisté, le matin, sur la nécessité d’une gestion locale de l’Internet remettant en cause la nécessité d’une gestion globale et internationale de celle-ci.
L’après-midi tant Vint Cerf que Paul Twomey (ndr : PDG de l'ICANN) ont été mis sur le grill.
Le premier pour expliquer pourquoi la mise en concurrence de l’ICANN obligerait la création d’une organisation de coordination pour assurer de l’unicité des adresses du réseau. Qu’y gagnerait-on ?
Refuser la présidence de l'ICANN
Puis question à Paul Twomey, qui en tant que représentant du gouvernement Australien puis comme président du GAC (Governmental Advisory Committee) et maintenant comme PDG a participé à l’ensemble de l’histoire de l’ICANN. "Avec le recul, quelles sont les deux choses qu'il ferait différemment ?"
Réponses : "Le processus de revue des décisions de l’ICANN aurait dû être mis en place plus rapidement et permettant de faire évoluer l’organisation aurait dû être prévu dès sa création. Et Twomey de finir avec un clin d’œil : ne devenez pas président de l’ICANN !"
Signalons enfin la participation de Bertrand de la Chapelle à la séance de l’après-midi comme envoyé spécial pour la société de l’information du ministère des affaires étrangères français.