Maintenant terminée, la réunion inaugurale du FGI a laissé comme un arrière goût de flou à notre envoyé spécial sur place, Sébastien Bachollet. Car derrière une organisation d'évènement maîtrisée, que sort-il de concret ?
Comme à la fin de la réunion de Tunis de la seconde phase du Sommet Mondial de la Société de l’Information, les conclusions du Forum sur la Gouvernance de l’Internet ont donné lieu à une expression de satisfaction générale :
Une participation de l’ensemble des parties prenantes, les fameux "stakeholders" : gouvernements, secteur privé et société civile.
Un grand nombre de sujets abordés lors de la quarantaine de débats organisés.
La création de quelques groupes de travail pour continuer les discussions engagées.
Un calendrier de réunions annuelles complet jusqu'en 2010.
L'auberge espagnole
Pour autant, cette réunion laisse un goût étrange.
Oui, il est utile d’organiser des réunions avec les personnes et organisations intéressées par un sujet. Mais comment progresser si chacun repart avec la même position qu’en arrivant ? Pour donner une image, ce serait comme se donner rendez-vous dans une auberge espagnole et ne gouter que les plats que l’on a soi même apporté…
Pour rapprocher les points de vue, il faut certainement en avoir la volonté – écouter les avis des autres, et la compétence – ne pas se contenter de mettre tout le monde dans une salle.
Se focaliser sur l’organisation reste plus simple que de faire progresser les autres sujets. A Tunis trois décisions avaient été prises :
que chaque organisation internationale fasse progresser les dossiers dont elle à la responsabilité (c’est en cours à l’Unesco, l’OCDE, l’ICANN…) ;
qu'un forum multipartite soit créé (c’est fait avec le FGI) ;
la mise en place d’une coopération renforcée entre les gouvernements.
Ce dernier sujet n’avance pas beaucoup !
Les absents se font entendre ailleurs
Ainsi, Tim Berners-Lee, l’inventeur du world wide web mais aussi directeur du W3C, a présenté dans le New York Times du 1er novembre 2006 la création d’un programme de recherche sur la science du Web dans le cadre d’un accord entre le MIT (Massachusetts Institute of Technology USA) et l’Université de Southampton (Grande Bretagne).
Il sera ouvert, non seulement, aux spécialistes de l’Internet mais aussi à d’autres chercheurs dans différentes disciplines. Le web devant être étudié tant d’un point de vue technologique que sociétale. Le W3C était représenté au FGI, mais son directeur n’y était pas.
Ainsi, après cette "première" séance de dialogue au niveau mondial, il est maintenant indispensable que soient mises en place des structures de dialogue et de concertation tant au niveau local que régional.
Certain pays l’on fait, comme l’Italie. Maintenant au tour de la France ? La nomination d’un nouveau responsable des questions de gouvernance au ministère des Affaires étrangères (Bertrand de la Chapelle) doit nous permettre d’ouvrir ensemble cette perspective. Ensuite le niveau européen deviendra incontournable.
Et la suite concrète du FGI ? La réunion de 2007 aura lieu à Rio de Janeiro, au Brésil, du 12 au 15 novembre. Celles de 2008 et 2009 seront organisées respectivement en Inde et en Egypte. La Lituanie et l'Azerbaïdjan se sont déjà portés candidats pour recevoir le FGI en 2010…