W3C: interrogations et perspectives de l’Internet mobile
Le 16 novembre dernier, W3C réunissait les principaux acteurs de la téléphonie mobile pour dévoiler les efforts de standardisation en cours pour rendre les sites mobiles plus attractifs et performants.
Philipp Hoschka et les intervenants du W3C Mobile Web seminar du 16 novembre à Paris
C’est dans le cadre chaleureux de l’entrepôt (Paris 14eme) que s’est tenu le Mobile Web seminar de W3C consacré à l’Internet mobile. Cette conférence organisée dans le cadre du programme "Mobile Web Initiative" initié en 2005 par W3C fut l'occasion de débattre sur l'harmonisation en cours de l’Internet mobile mondial.
Philipp Hoshka, directeur de la branche Européenne de W3C, a ouvert la conférence en rappelant la jeunesse de l’Internet mobile et l’engouement déjà visible de ce nouvel usage du net auprès des internautes et des professionnels.
Des intervenants tel que Bango, France Telecom, Jataayu Software, MobileAware, mTLD (le registre du .MOBI), Opera Software, et Vodafone, ont ensuite dévoilé les usages mobiles en train d’émerger aux 4 coins du globe, tout en soulignant les enjeux que devra surmonter le net mobile pour devenir aussi populaire que son pendant fixe.
Interfaces difficiles et standardisation manquante
Après quelques chiffres clefs (28% des usagers mobile ont déjà surfé via leur portable, près de 2 milliards de personnes auront un portable en 2010), Daniel Appelquist de Vodafone est revenu sur deux difficultés majeures du web mobile : des interfaces souvent peu attractif et un manque de standardisation dans la programmation, avant de suggérer conseils et solutions.
Ronan Cremin, directeur technique de mTLD aux Etats-Unis s’est lui penché sur les initiatives du registre pour faciliter la programmation de sites mobiles ergonomiques et fonctionnels. Un outil mTLD accessible via http://dev.mobi permet d'ailleurs à tout internaute d'avoir un diagnostic de la pertinence de son site mobile.
Vers un Internet mobile porteur d’égalité ?
Dans un tout autre registre, l’initiative originale de Digital Divide, présentée par Stéphane Boyera a permis de prendre conscience d’un enjeu social fort lié à l’Internet Mobile : la présence du portable (beaucoup plus répandu à travers le monde que l’ordinateur), sera sans doute l’occasion d’un "rééquilibre" entre nations pauvres et nations riches, et devrait permettre aux pays en voie de développement d’accéder à des services et des informations jusque là inaccessibles.
Si cet argument reste fragile (il faut entre autre élucider la question du coût d’accès à ces services) la réflexion de Digital Divide a le mérite d’exister.
Donald Francis de Jataayu Software en Inde a d’ailleurs souligné que l’un des atouts majeurs de l’Internet mobile de demain sera son application locale. Ainsi, si la technologie se développe dans cette direction, des pêcheurs d’une île isolée dans le Golfe du Bengale pourront par exemple grâce à leur portable être informés en temps réel de la météo ou du cours du poisson. Une information précieuse pour des populations dont le climat est un facteur clef.
Un espace d’échanges entre les acteurs du web mobile
Cette conférence a surtout été l’occasion de confronter les points de vue des divers acteurs du web mobile (opérateurs, développeurs, fournisseurs de contenu, fabricants…) autour d’un effort commun visant à harmoniser les services et la conception des sites de l’Internet mobile de demain.
• W3C en quelques mots W3C est un consortium international créé en 1994 dans l’objectif de concevoir des standards pour le web et déjà à l'origine d'une petite vingtaine de standards. • Mobile WEB Initiative Mobile Web Initiative fait partie de l’un des 24 groupes de travail, ouvert par W3C dans divers secteurs de l’Internet. • W3C dans le monde W3C possède 3 centres, l’un aux USA, le 2eme en France et le 3eme au Japon, qui fêtera le 28 novembre prochain ses 10 années d’existence.