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Actualité Cahier juridique Spécial Europe English version


Par Philip VAN GELDER Par Philip VAN GELDER
philip.vangelder@domainesinfo.fr
Actualité
Publié le lundi 18 décembre 2006
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On achève bien les ccTLD


Un projet de suppression des extensions nationales obsolètes (comme le .SU par exemple, l'extension d'une Union Soviétique qui n'existe plus aujourd'hui) est à l'étude. Fausse bonne idée ?

 
Lorsque IANA a commencé à allouer des extensions Internet à deux lettres pour les différents pays, vers le milieu des années 1980, le monde était bien différent. A l’époque la décision reposait entièrement sur les épaules du mythique Jon Postel, chercheur en Californie.

Avec le pragmatisme qui le caractérisait il refusa de prendre parti sur ce qui constituait ou non un pays ou un territoire. Il adopta les codes à deux lettres existants et reconnus par les Nations Unies, la liste ISO 3166-1.

Lorsque l’ICANN fut crée en 1998 par le gouvernement américain, la "fonction IANA" fut reprise par cet organisme. Cela consiste essentiellement à allouer les codes pays (ccTLD) et à les mettre sur le serveur racine. Ils s’en sont tenus depuis à la liste ISO sauf quelques exceptions dont la plus notoire est le .EU.

Nettoyage de printemps

Mais maintenant l’ICANN a décidé qu’il était peut-être temps de faire un nettoyage de la liste et d’en sortir les extensions obsolètes ou inutilisées comme par exemple : le .SU (pour l’ancienne Union Soviétique, remplacé par le .RU pour la Russie et 14 autres codes de pays du bloc soviétique devenus indépendants), le .GB (correspondant à la Grande Bretagne sur la liste ISO mais jamais utilisé, remplacé par le .UK), le .CS (pour la Tchécoslovaquie devenue la TChéquie .CZ et la Slovaquie .SK), le .YU (qui correspondait à l’ex-Yougoslavie avant qu’elle ne se scinde en plusieurs parties) et ainsi de suite.

Le 5 décembre, 2006 l’ICANN publiait une note de discussion pour expliquer le problème et faire un appel à commentaires sur les difficiles questions ainsi ouvertes: convient-il vraiment de mettre à jour la liste, et si oui sur quels critères et dans quels délais, ou doit-on considérer qu’une extension doit survivre à tout jamais.

Comme on pouvait s’y attendre la discussion a vite pris un tour très politique. En particulier des groupes de l’ex-Union Soviétique, qui utilisent toujours l’extension .SU menacent l’ICANN d’actions en justice s’ils osent retirer le SU de la racine. On retrouve bien entendu la controverse sur la Gouvernance de l’Internet et le contrôle exclusif des Etats-Unis sur le réseau mondial.

Si vous voulez ajouter votre voix à la polémique, vous avez jusqu’à fin janvier 2007 pour le faire, en envoyant vos commentaires en anglais sur l’adresse email cctld-sunset-comments@icann.org ouverte à tous. Après cette date l’ICANN préparera un rapport de synthèse et une recommandation.

Gageons qu’ils finiront par abandonner cette patate chaude en raison des cris et protestations multiples et contradictoires qui s’élèvent de toutes parts et qu’ils finiront par laisser les choses en l’état !


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