L'Asie fait face à un véritable 'tsunami informatique'
Les communications Internet restaient largement perturbées aujourd'hui, affectant plusieurs millions de personnes à travers l'Asie, deux jours après qu'un séisme au large de Taïwan a endommagé des câbles optiques. Un retour à la normale pourrait prendre deux à trois semaines, mais le trafic Internet sera redirigé grâce à la coopération de fournisseurs d'accès étrangers.
Les câbles sous-marins endommagés à 15 kilomètres au sud de Taïwan assuraient une grande partie du trafic Internet en provenance d'Asie du Sud-Est, de Corée du Sud et de Chine, via Hongkong, vers le Japon (Sour LeMonde)
Les communications internet restent aléatoires aujourd'hui en Asie deux jours après un séisme qui a rompu des câbles optiques au large de Taïwan, privant de bande passante des millions d'internautes. Un retour à la normale pourrait prendre plusieurs semaines, selon les opérateurs de la région.
A Hong Kong, l'internet à haut débit et les télécommunications avec l'étranger fonctionne toujours par intermittence. La banque britannique HSBC a également rapporté des problèmes de connexions à ses services en ligne.
Les perturbations se sont fait sentir à Taiwan, en Corée du Sud, au Japon, en Chine, aux Philippines, à Singapour, en Thailande, au Vietnam, à Hong Kong et, par ricochet, jusqu'en Australie et aux Etats-Unis.
En Chine, la situation s'améliore également dans le sud du pays affecté. Au Vietnam, les fournisseurs d'accès ont exhorté les internautes à ne pas embouteiller le réseau en téléchargeant de la musique ou des fichiers trop volumineux.
En Thailande, courtiers et investisseurs pouvaient accéder à certains sites mais environ 70% de la population reste privée de web, selon la compagnie publique de télécommunication CAT.
De son côté, le ministère sud-coréen de l'Information et des communications a indiqué qu'une centaine de lignes professionnelles spécialisées restent hors service jeudi.
Les quatre - ou six, selon les sources - câbles sous-marins endommagés à 15 kilomètres au sud de Taïwan assuraient une grande partie du trafic téléphonique et Internet en provenance d'Asie du Sud-Est, de Corée du Sud et de Chine, via Hongkong, vers le Japon, les Etats-Unis et l'Europe.
Selon un responsable d'un câblo-opérateur, Asia Netcom, cité par le South China Morning Post à Hongkong, de 60 % à 70 % de la capacité Internet en Asie s'en serait trouvée affectée.
Un sondage réalisé, mercredi, par le portail chinois Sina.com estimait que 97 % des internautes de Chine populaire (ils sont 123 millions) ont eu des difficultés à accéder à des sites étrangers. 57 % se sont déclarés affectés dans leur travail ou leur vie quotidienne.
A Hongkong, les sites en .COM (donc plutôt américains) étaient inaccessibles, mercredi et jeudi, ainsi que la plupart des sites japonais. En revanche, les pages chinois étaient accessibles. MSN, le service de messagerie instantané de Microsoft, très utilisé, était bloqué, tout comme de nombreux sites français (à l'exception du Monde.fr). Lire encadré.
[PB]
• Continuité de service entre la Chine et le reste du Monde Cet événement montre l’intérêt de disposer d’un nombre important de serveurs DNS largement répartis dans le Monde, installés sur des réseaux et sur des noms de domaines différents. Ainsi, l’architecture DNS de INDOM par exemple, a continué de fonctionner normalement malgré la coupure entre le reste du Monde et la Chine et a permis aux internautes asiatiques de continuer d’accéder aux configurations DNS des sites et des mails gérés par le registrar Français. « Des architectures mails distribuées s’appuyant sur nos serveurs répartis dans le monde ont permis d’assurer la continuité d’acheminement des mails vers et depuis la Chine » explique Yoann Hébert, DSI de INDOM.