EGENI 2007 : la gouvernance d’Internet au cœur du débat politique
Le 22 mars 2007 EGENI réunissait les partis politiques et instances du net autour de la question de la gouvernance de l’Internet et de son internationalisation.
Les représentants de 5 courants politiques et leurs interlocuteurs des instances de l'Internet invités à débattre lors de l'EGENI 2007
"Les Politiques et Internet" tel était le thème central de la 6eme édition d’EGENI (Etats Généraux Européens du Nommage sur Internet) organisé le 22 mars dernier à la Maison des Arts et Métiers à Paris, à un mois du premier tour des élections présidentielles.
Les politiques faces aux organisations internationales du net
Un débat centré sur "la place de la France et de l’Europe dans la gouvernance de l’Internet", a permis aux cinq partis politiques présents (Les verts, PS, UMP, UDF, PCF) de répondre aux questions posées par les représentants de grandes organisations françaises et mondiales de l’Internet.
L’ICANN et les IDN en question
Roberto Gaetano, vice président du conseil d'administration de l’ICANN a été le premier à intervenir, interrogeant chacun des partis politiques sur l’hégémonie de l’ICANN et de la langue anglaise sur la toile.
Si Eric Walter représentant de l'UMP suggère une collaboration plus étroite avec l’ICANN, Martine Billard, députée "Verts", est revenue sur la nécessité d’un développement des IDN. Jérôme Relinger du Parti Communiste Français a souligné l’enjeu que représente l’IPV6 pour une législation et un meilleur partage du net. Vincent Feltesse, chargé de mission Internet au Parti Socialiste, a confirmé l’importance d’une pluralité des langues sur le net. Enfin, Frédéric Lefebvre-Nare de l’Union pour la Démocratie Française a exprimé ce même souhait en émettant une seule réserve : les règles d’accès aux IDN imposées par certains registres pourraient constituer un obstacle plutôt qu'un enrichissement pour les internautes.
La dépendances des pays émergeants vers les sociétés privées
Aziz Hilali de l’ISOC Maroc a ensuite interpellé les politiques sur l’obligation pour les pays émergents d’assumer seuls le coût des infrastructures informatiques et réseaux, et sur leur dépendance vis à vis des sociétés privées.
Pour ou contre la loi DADVSI
Olivier Iteanu, Président d'honneur de l’ISOC France, a choisi d'interroger les divers courants politiques sur la logique (trop répressive à ses yeux) de la loi DADVSI (Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information).
A part l’UMP, à l’origine de ce texte, chaque parti politique a remis en question les principes de cette loi en revenant sur les libertés fondamentales et sur les responsabilités des Internautes. Jérôme Relinger du PCF a même évoqué l’idée d’une plateforme de téléchargement publique ouverte à tous.
Instaurer des "zones de confiance" sur le net
Loïc Damilaville de l’AFNIC est ensuite intervenu pour questionner les divers courants politiques sur les enjeux d’une valorisation de l’extension .FR qui connaît depuis sa libéralisation un succès grandissant. La réaction des différents partis a été unanime : tous s'accordent pour instaurer et défendre des zones de confiance sur le net, comme le fait le .FR.
L'enjeu de la technologie satellitaire
Enfin, Philippe Boissat de l’organisation 3i3s, une institution internationale consacrée aux applications spatiales et satellites, a tiré la sonnette d’alarme sur la question de la technologie satellitaire, l’un des enjeux à venir de l’Internet selon 3i3s.
Deux autres débats dans l’après midi sont venus compléter cette intervention en abordant la place respective de la France et de l’Afrique dans cette gouvernance internationale de l'Internet.