La deuxième réunion ICANN 2007 est en cours aux Caraïbes. Premiers sujets abordés : le fonctionnement du WHOIS et le lancement de nouvelles extensions génériques.
Destination de rêve, San Juan est non seulement la Capitale de Porto Rico et la porte d'entrée aux Caraïbes mais également, cette semaine, le lieu d'accueil de la deuxième des trois réunions annuelles de l'ICANN.
Succès grandissant
Depuis dimanche et pendant une semaine, on attend plus de 800 personnes pour discuter, planifier, réguler et analyser le nommage sur Internet.
Les réunions de l'ICANN attirent de plus en plus de monde et leur organisation demandent un budget toujours plus important. Pour le boucler, le régulateur du nommage a traditionnellement beaucoup compté sur les bonnes volontés de partenaires locaux, comme le registre du pays hôte par exemple. Mais devant le succès grandissant, l'ICANN s'implique également plus fortement. "Depuis 2004, l'affluence à nos réunions a augmenté de 125 %," explique le service presse de l'ICANN. "Afin de prendre en compte cette forte croissance, nous assurons une partie plus importantes des aspects d'organisation et de budget."
Le régulateur n'hésite d'ailleurs pas à devenir lui-même organisateur lorsque cela est nécessaire. Ainsi la troisième réunion de 2007, qui devait initialement se tenir en Asie Pacifique, aura finalement lieu fin octobre en Californie (l'état américain où l'ICANN est basé) car aucun des dossiers de candidatures reçus pour ce troisième rendez-vous ne donnait satisfaction.
WHOIS
A San Juan, dès les premiers jours, les grandes tendances actuelles sont à nouveau au centre des débats.
Le WHOIS d'abord. La protection des données personnelles versus le besoin de pouvoir disposer d'un outil pertinent pour savoir qui se cache derrière un nom de domaine, voilà les deux extrêmes qui continuent de s'opposer.
L'enjeu : trouver un juste milieu entre ceux qui veulent pouvoir enregistrer un nom sans se faire spammer, ces registrars qui souhaitent pouvoir travailler avec leurs clients sans voir ces derniers démarchés par des escrocs ayant utilisé les données WHOIS, ces sociétés qui veulent pouvoir se défendre contre des cybersquatteurs et qui ont donc besoin d'un WHOIS fonctionnel et ces forces de l'ordre qui traquent la cybercriminalité…
Une des pistes actuellement explorées par l'ICANN et son nouvellement créé Groupe de Travail sur le WHOIS : un WHOIS listant un "point de contact opérationnel" en lieu et place des coordonnées personnelles du propriétaire du nom.
Le groupe de travail dispose maintenant de quatre semaines pour poursuivre sa réflexion et rendre un rapport complet. A suivre donc…
Nouvelles extensions
Autre sujet phare, celui des nouvelles extensions. Des projets comme le .BERLIN et le .PARIS se préparent déjà. Le premier est d'ailleurs très avancé. Mais rien ne peut se faire sans un appel à candidature officiel de l'ICANN pour la création de nouveaux
gTLDs.
De ce côté là, les premiers échos de San Juan sont plus décevants. Une réunion a eu lieu sur ce sujet lundi mais là où les nombreux participants attendaient une ébauche de calendrier, ils ont eu la surprise d'entendre un discours sur la problématique de résolution des litiges pouvant éventuellement résulter de la création d'une nouvelle extension.
Certains laissent entendre que l'ICANN serait particulièrement échaudé par des affaires comme le .XXX et semble vouloir dorénavant pêcher par excès de prudence. Ainsi un membre de l'ICANN aurait-il insinué lors de cette réunion que, en prenant compte l'ensemble des vérification que le régulateur souhaite effectuer avant d'avaliser une nouvelle extension, les projets en cours ne pourraient voir le jour avant 18 mois au plus tôt.
Ce serait une déception importante pour des gens comme les promoteurs du .BERLIN, qui espèrent eux pouvoir concrétiser leur projet dès l'année prochaine.