« L’Icann a été internationale et sera maintenant vraiment mondiale. »
Le nouveau président de l’Icann, Paul Twomey a choisi DomainesInfo pour sa première interview accordée à un média français. Cet australien de 42 ans lève le voile sur les missions pour les trois prochaines années de l’organisme mondial chargé de gérer les noms de domaine.
« Icann 2 ». La phrase avait été lancée par Stuart Lynn, le précédent président de l’organisme en charge du nommage sur Internet. L’idée était de reconnaître que l’Icann avait besoin de changer, d’évoluer. En lançant une réforme, Lynn entendait envoyer un signal clair.
La première nouveauté concrète sera… un changement de président. Pour la première fois de son histoire l’Icann, créée en 1998 à l’initiative du département du Commerce américain, porte à sa tête un étranger, l’australien Paul Twomey.
Trop peu étranger toutefois pour les nombreux détracteurs de l’Icann qui voient avant tout un homme d’appareil dans cet ancien président du GAC (Governmental Advisory Committee), le comité de l’Icann qui regroupe les représentants gouvernementaux.
Critiqué avant même d’être arrivé, Paul Twomey doit maintenant convaincre. Il compte le faire en s’attaquant en priorité aux problèmes de l’Internet plutôt qu’à ceux de l’Icann. Ainsi lors de sa dernière réunion à Rio au Brésil, la première du nouveau président, l’Icann a-t-elle annoncé l’arrivée des fameux noms multilingues (les noms de domaine qui permettent une utilisation de jeux de caractères différentes comme nos accentués ou les alphabets asiatiques) ou encore une gestion plus serrée des transferts de noms de domaine d’un bureau d’enregistrement (registrar) à un autre.
Il précise aujourd’hui sa pensée en expliquant que les registres qui opèrent sur une zone linguistique donnée doivent se coordonner bien au-delà des seules considérations techniques. Surtout, il lance un pavé dans la marre en indiquant que certains noms de domaines accentués vendus par Verisign risquent de ne jamais pouvoir fonctionner.
La protection du consommateur reste toutefois la préoccupation de la présidence de l’Icann qui entend par exemple appliquer au transfert de noms de domaine entre registrars, les codes de bonne conduite instaurés dans le secteur de la téléphonie.