L’Australie tente de limiter les abus des hébergeurs
Le registre australien s’attaque à une pratique commerciale aussi courante que déplorable : la tentative de récupération d’un nom de domaine par un hébergeur pour gérer le site Internet de son client. Une pratique également utilisée en France.
C’est un grand classique. Un internaute qui a déjà son nom de domaine se tourne vers un hébergeur pour monter son site Internet. La première réponse de l’hébergeur prend la forme d’une exigence : « il faut transférer la gestion de votre nom de domaine chez nous pour que nous puissions mettre votre site en ligne ».
Bonne nouvelle, il semblerait que cette technique commerciale abusive soit dans le collimateurs de certains gestionnaires de zones, aussi appelés « NICs » ou registres. Notre collègue Loïc Damilaville fait état dans le dernier numéro de sa lettre d’information DNS News d’un initiative de l’AuDA, le registre australien, pour limiter ces abus de pouvoirs.
Car il n’est jamais techniquement obligatoire de transférer la gestion de son nom de domaine à un hébergeur. Le système des noms de domaine est justement étudié pour permettre de séparer les fonctions de gestion administratives et techniques et ainsi garantir une grande liberté d’action au propriétaire du nom. Très clairement, le prestataire qui indique que le transfert chez lui d’un nom est obligatoire, ment à son client ! L’action de l’AuDA vise donc à protéger ce dernier.
Le commentaire de DomainesInfo
Voilà une initiative louable que nous tenions à souligner. Elle concerne pour l’instant un pays très lointain mais pourrait tout à fait être adaptée au marché français. Car ce phénomène de « forte incitation » au transfert est extrêmement répondu chez nous.
Et surtout, aussi surprenant que cela puisse paraître, chez les acteurs majeurs de l’hébergement. Ces derniers ne se privent pas d’user de tous les artifices pour «récupérer» du nom de domaine.
Dans quel but ? Certainement pas pour les rentrées financières que représentent l’enregistrement d’un nom de domaine pour ces sociétés dont les autres services sont souvent plus chers et plus rentables.
Gageons que l’enjeu porte ici plus sur la captation de clientèle. Le nom de domaine est bien entendu la première étape obligée de toute activité sur Internet et ces sociétés l’ont parfaitement compris.
On « tient » bien mieux un client si, en plus de son site Internet, on gère son nom de domaine. Certains vont même jusqu’à bloquer systématiquement toute demande de transfert d’un nom vers un de leurs concurrents.
Avoir recours à ce genre de pratiques est d’autant plus regrettable qu’elles vont à l’encontre de deux principes de base. Celui de la bonne gestion d’un nom de domaine, tout d’abord. Mettre tous ses œufs dans le même panier (le même prestataire administre le nom de domaine et gère l’hébergement) n’est pas forcément conseillé. Celui de la logique commerciale, ensuite. Car plus un prestataire tente de «forcer» la main à ses clients, plus il risque de les perdre.