La liberté d’expression au-dessus du droit des marques ?
Le détenteur des noms walocaust.com et walqaeda.com a conservé son droit d'utiliser ces noms, sur la base du principe de liberté d’expression.
Charles Smith est un ressortissant américain qui a souhaité propager ce que lui inspire les pratiques commerciales de la société Wal-Mart, numéro 1 mondial de la grande distribution.
Un appel au boycott via des noms de domaine
Pour faire connaître son appel au boycott, il a enregistré les noms de domaine walocaust.com, wal-qaeda.com et walqaeda.com, n’hésitant pas à associer Wal-Mart au nazisme et à la nébuleuse terroriste. Afin de populariser son mouvement, Charles Smith a même mis en vente des autocollants et t-shirts arborant notamment un logo reproduisant la marque Wal-Mart assemblée avec l’aigle nazi.
Anticipant une réaction de Wal-Mart, il a saisi le juge de l’Etat de Georgie pour faire valoir son droit à la liberté d’expression.
Le titulaire conserve le droit d'usage de ses noms
La société Wal-Mart est régulièrement confrontée à des contentieux dans lesquels le droit des marques et la liberté d’expression s’affrontent. En UDRP, elle est parvenue à obtenir le transfert de noms de domaine tels que wal-martsucks.com, walmartcanadasucks.com, walmartpuertoricosucks.com [1], mais a échoué pour les noms de domaine boycottwalmart.comwallmartcanadasucks.com [2].
Le 20 mars 2008, le juge Batten a reconnu à Charles Smith la possibilité de poursuivre ses activités contre Wal-Mart en se fondant sur la jurisprudence par laquelle la simple commercialisation de produits estampillés d’une marque "parodiée" ne constitue pas une atteinte à la dite marque dans la mesure où ce procédé demeure couvert par le Premier Amendement qui, interprété comme tel, place la liberté d’expression au-dessus du droit des marques [3].
• Un jugement qui place la liberté d'expression devant le droit des marques : Le 20 mars 2008, le juge Batten a reconnu à Charles Smith la possibilité de poursuivre ses activités contre Wal-Mart via les noms de domaine walquaeda.com et walocaust.com en se fondant sur la jurisprudence par laquelle la simple commercialisation de produits estampillés d’une marque "parodiée" ne constitue pas une atteinte à la dite marque dans la mesure où ce procédé demeure couvert par le Premier Amendement qui, interprété comme tel, place la liberté d’expression au-dessus du droit des marques.