La réunion de l’Icann de Montréal s’est terminée le jeudi 26 juin. Pendant cinq jours, on a beaucoup parlé du WHOIS, des noms de domaine multilingues, d’éventuelles nouvelles extensions ou encore de la participation des registres nationaux au fonctionnement de l’Icann.
L’Icann se penche très sérieusement sur le fonctionnement du WHOIS ainsi que sur la création de véritables standards pour les noms de domaine multilingues, comme avait déjà pu nous le préciser son président Paul Twomey, lors de l’interview qu’il avait accordée à DomainesInfo.fr.
Le WHOIS, trop utilisé par les spammers, dont les données sont souvent fausses, qui ne fonctionne pas toujours très bien et qui varie d’une extension à l’autre, pose des problèmes à la communauté Internet depuis des années. Aucune décision n’a encore été prise par l’Icann, mais voir l’organisme (enfin) s’en préoccuper ne peut être qu’une bonne chose. Deux journées y ont été consacrées à Montréal. « Nous n’avons pas arrêté de politique concernant le WHOIS, » a expliqué Twomey. « Mais les discussions ont été très riches et pourront permettre de définir une politique à venir. »
Le déploiement des noms de domaine multilingues a déjà commencé en Asie. Chez nous, en Europe, il sera certainement moins rapide. Les obstacles techniques restent nombreux et continuent, pour l’instant, d’inquiéter les registres nationaux comme l’Afnic (France) ou le DNS BE (Belgique).
Les registres nationaux qui, justement, subissent une pression de plus en plus grande de la part de l’Icann pour signer des accords et ainsi s’engager à contribuer financièrement. L’Icann, bien épaulée par le GAC (son comité de conseil gouvernemental), a semblé vouloir lier la création du ccNSO (country code Supporting Organization – organisation de soutien des extensions nationales) prévue pour donner une voix officielle aux registres nationaux à la signature d’engagements de leur part.
Ce point était clairement le plus délicat de la réunion de Montréal, qui se solde quand même par la création du ccNSO. L’Icann l’a d’ailleurs annoncé en fanfare. « Après quatre années de dialogue et de négociation, la création du Country-Code Names Supporting Organization (ccNSO) ouvre une nouvelle ère de relations productives et coopératives entre l’Icann et les registres nationaux, » a fanfaronné le communiqué de presse officiel de l’Icann. Et son président d’ajouter : « Cet accord illustre bien que l’Icann est considéré comme un forum pour les administrateurs des extensions de premier niveau. »
Pourtant, en coulisses, tout ne semble pas aussi limpide. Il faut dire que les relations entre l’Icann et certains registres nationaux sont pour le moins houleuses depuis déjà plusieurs années. Le ccNSO va-t-il permettre à tout ce petit monde de mieux s’entendre ? Il est trop tôt pour répondre mais les vieux antagonismes ne semblent pas encore avoir totalement disparus, comme en la réaction du directeur de l’un des registres européens pendant la réunion de Montréal : « nous ne sommes pas soumis à la loi californienne ! »
Montréal a également été l’occasion pour l’Icann d’entériner son nouveau conseil d’administration. Les membres de ce dernier ont été nommés par un comité interne à l’Icann dont le fonctionnement n’est pas des plus limpides. Le conseil compte sept nouveaux membres et en a perdu onze. Parmi eux, Karl Auerbach et Andy Mueller-Maguhn qui n’avaient jamais été tendres avec l’Icann pendant leurs mandats. Certains accusent donc l’Icann de s’être débarrassé de tous ses détracteurs…
Cette première réunion complètement sous la houlette de Twomey (c’est durant la précédente qu’il avait officiellement remplacé Stuart Lynn a la tête de l’Icann) a donc permis de vérifier que malgré sa récente réforme et ce changement de président, l’Icann reste un organisme contesté et source de vives tensions.