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Actualité Cahier juridique Spécial Europe English version


Par Stéphane VAN GELDER Par Stéphane VAN GELDER
stephane.vangelder@domainesinfo.fr
Actualité
Publié le vendredi 1 août 2003
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Polémique grandissante autour du WLS


Le « Waiting List Service », prévu par l’Icann comme un système officiel pour la reprise des noms usagés en .COM et .NET, est de plus en plus contesté. Et voici qu’un groupe de registrars anti-WLS intente une action en justice pour tenter de bloquer son lancement.

 
Il est prévu pour le 27 octobre prochain. D’ici là, le WLS aura sûrement continuer à faire couler beaucoup d’encre outre Atlantique. Car si chez nous il fait finalement assez peu parler de lui, en Amérique le WLS est au centre d’une véritable bataille de tranchée.

Pour résumer, d’un côté se trouve l’Icann et Verisign et de l’autre les registrars qui ont développé et commercialisent leurs propres systèmes de surveillance/reprise de noms usagés.

Réunis au sein de la pompeusement nommée Domain Justice Coalition (coalition pour un domaine juste), cette vingtaine de registrars n’a cessé d’hurler son mécontentement depuis le feu vert donné par l’Icann au WLS l’an dernier.

Dès septembre 2002, l’avocat de l’un d’eux demande officiellement au conseil d’administration de l’Icann de revenir sur sa décision. La réponse – négative - est donnée en mai dernier.

C’est donc en bloc que la Domain Justice Coalition est remontée au créneau, début juillet, en saisissant la justice pour tenter de bloquer le lancement du WLS.

Alors, pour ou contre le WLS ?

Pour tenter de répondre, il faut d’abord se pencher sur les vraies causes du problème. Car bizarrement, chaque camps utilise la même argumentation de base : il se bat pour la défense du consommateur.

Si ce brave utilisateur final – celui pour qui « peu importe le système du moment que j’arrive à obtenir mon nom » - a sûrement la larme à l’œil devant tant de sollicitude, il ne doit pas être dupe pour autant.

Une simple histoire de gros sous

Le blog américain Circle ID, qui consacre une grande partie de son site à la problématique WLS, donne à ce niveau des chiffres édifiants.

On y apprend ainsi que :
  • Environ 25 000 noms retombent dans le domaine public chaque jour.

  • Jusqu’à 100 millions de requêtes quotidiennes sont effectuées pour tenter de reprendre un nom expiré en .COM ou en .NET.

  • Un contrat WLS de 5 ans devrait générer un CA de USD100 à USD150 millions, sans compter les frais de réenregistrement des noms une fois que ceux-ci ont été récupérés.

Si les sommes évoquées sont déjà importantes, elles ne tiennent bien entendu pas compte de la perte de CA potentielle pour ceux qui vendent déjà un système de surveillance/reprise.

Déjà gênés par les pratiques souvent monopolistiques du tandem Icann/Verisign dans leur quotidien « d’enregistreurs de nouveaux noms », on comprend que les membres de la Domain Justice Coalition ne souhaitent pas se retrouver dans la même situation sur le marché de l’occasion…

D’ailleurs, depuis que l’Icann a ratifié le WLS (proposé, rappelons-le, par Verisign sur la base du modèle Snapnames), la Domain Justice Coalition essaye de démonter un par un les arguments donnés par l’Icann et Verisign en faveur du système.

Quelques morceaux choisi des anti-WLS :

« Le WLS est une solution imparfaite qui aura comme premier impact de tuer la concurrence qui existe actuellement entre les registrars sur ce marché et de pousser certaines sociétés à la faillite. C’est une solution de monopole à un problème actuellement géré par un marché ouvert. »

« C’est une blague ! Après un an, les autres modèles de surveillance/reprise qui existent aujourd’hui seront déjà morts. Donc même en cas d’essai infructueux du WLS, il ne sera plus possible de revenir en arrière. » (L’Icann lance le WLS avec une période d’essai d’un an puis l’adoption définitive du système.)

« Si Verisign veut vraiment décourager les cybersquatteurs, pourquoi ont-ils prévu un système où le souscripteur d’un WLS reste inconnu et où il n’existe pas de limite au nombre de WLS qu’un même individu peut souscrire ? » (D’après Verisign, le prix de vente du WLS est artificiellement élevé pour décourager les cybersquatteurs. Avec un prix bas, ces derniers achèteraient des WLS par milliers pour récupérer des noms.)

Ces arguments, qui paraissent convaincants du point de vue des registrars qui commercialisent actuellement un autre système, le sont-ils autant pour l’utilisateur ?

Les utilisateurs dans la jungle des systèmes de reprise

Car aujourd’hui, pour reprendre un nom usagé, l’utilisateur se retrouve perdu dans la jungle des nombreux différents systèmes existants.

Derrière celui de Snapnames, considéré comme le plus efficace, il y en a quatre ou cinq qui se démarquent également.

Mais tous ne fonctionnent pas selon le même principe. Certains ne proposent qu’une seule surveillance/reprise sur un même nom (ce qui semble plus juste) et d’autres accordent cette surveillance au plus offrant par le biais d’enchères.

De plus, à ces systèmes « grands publics » s’ajoutent également des systèmes réservés aux « professionnels »…

Seulement 75 % de chance de récupérer un nom

Autant dire, donc, que pour le client final, le fonctionnement actuel ne donne pas satisfaction. Celui qui veut se donner toutes les chances d’obtenir un nom va devoir dépenser beaucoup de temps et d’argent pour souscrire aux principaux systèmes.

Et pourtant, même en ce faisant, ces chances de récupérer le nom ne resteront, en moyenne, que de 75%.

Vu sous cette angle, un système unifié (donc simplifié du point de vue de l’utilisateur) comme le WLS qui donne à son souscripteur 100% de chances de récupération d’un nom ne paraît pas être une si mauvaise idée.



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Rédacteur en chef :
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