La "cyberguerre" est attirante car elle permet de penser à la guerre sans mort, caractéristique désirable depuis que les français ont pris à nouveau conscience du coût de la guerre. Ces scénarios catastrophes qui ont largement inspirés la fiction, ont-il un fondement dans la réalité ?
Il est primordial aujourd'hui de comprendre la réalité que représente la menace d'une "cyberguerre" et ce qu’elle fait peser sur notre quotidien.
Quelques faits…
Les conflits estonien, géorgien et israélien ont tous comporté une phase d’activités intenses dans le "cyber-espace" composée essentiellement de "défaçages" de sites web (piratage revendicatif tendant à modifier l'aspect du site) et de déni de service.
La presse générale et spécialisée s’est faite l’écho de cette dimension particulière des conflits englobant le tout sous le vocable de "cyberguerre". Le résultat a très vite été une croyance ferme en cette nouvelle forme de conflit malgré le fait que la dimension militaire était restée peu ou mal décrite. Qu'en est-il de la réalité ?
Si certains états comme la Chine, la Russie, les USA et plus récemment la France ont effectivement travaillé sur des éléments doctrinaux voire même dans certains cas créé des centres opérationnels visant à assurer la "cyberdéfense" (CCDCOE, Air Force Cyber Command), l’utilisation purement militaire du "cyber espace" est sans commune mesure avec la fiction. Mais qui sont réellement les "soldats" de cette "cyberguerre" ?
Acteurs, risques et menaces
La "cyberguerre" est composée de diverses atteintes sur (ou à l’aide) des réseaux informatiques. Les principaux responsables identifiables sont les suivants :
Individus isolés,
Cybercriminalité organisée,
Groupes violents à revendications politiques (terroristes),
Les Etats.
Il est intéressant d’observer que quelque soit la nature de l’acteur, les "méfaits" accomplis sont très proches dans leurs natures.
On peut identifier :
les fraudes et escroqueries diverses,
les dénis de services,
l’intrusion dissimulée et la revendication qui comprend notamment le "défaçage".
Cette communauté d’actions donne un pouvoir inédit à la cybercriminalité organisée qui en devient l’acteur le plus dangereux actuellement sur Internet.
Plus encore, l’observation d’une "cyberguerre" très récente nous donne des clés de compréhension de cette notion. Exemple : la stratégie médiatique d’Israël en parallèle de son intervention à Gaza s'est basée sur l’utilisation par Tsahal des divers médias du Web 2.0 (Twitter, Flickr…).
Un dernier acteur émergent : les Hacktivistes
Les groupes Hacktivistes (contraction d’activisme et hacking) sont des groupes d'action à visées politiques mais sans ambitions stratégiques. L'importance croissante de ce groupe (généralement non identifiés par les documents de stratégie militaire) en fait un acteur émergent de la "cyberguerre".
Le cas d’Anonymous et de sa lutte virulente contre l’Eglise de Scientologie en est un exemple. Les analyses développées par divers experts insistent sur la responsabilité déterminante de ces groupes dans les cas estonien et géorgien. On est donc dans un cadre tout à fait différent du cadre militaire de la "cyberguerre".
Conclusion
La cyberguerre focalise trop sur l'aspect militaire. Elle nous fait oublier l'importance de la cybercriminalité.
Sans affirmer définitivement que la "cyberguerre" de fiction n’aura jamais lieu, on se doit donc de proposer une stratégie plus globale intégrant ces éléments inédits et permettant au mieux de préserver nos intérêts, le "Livre Blanc" n’y répondant pas de forcément de façon complète .
• Acteurs de la "cyberguerre" : Les principaux responsables identifiables de la "cyberguerre" sont les suivants : 1) Individus isolés, 2) Cybercriminalité organisée, 3) Groupes violents à revendications politiques (terroristes), 4) Les Etats. • Les méfaits de la "Cyberguerre" : Quelque soit la nature de l’acteur, les "méfaits" accomplis sont très proches dans leurs natures : 1) les fraudes et escroqueries diverses, 2) les dénis de services, 3) l’intrusion dissimulée et la revendication qui comprend notamment le "défaçage". • Un dernier acteur émergent: les Hacktivistes Les groupes Hacktivistes (contraction d’activisme et hacking) sont des groupes d'action à visées politiques mais sans ambitions stratégiques. • Autre article D.I. autour du cadre légal de la lutte contre la cybercriminalité