L'Icann ouvre un bureau en Belgique et teste un site web en plusieurs langues
L’un des sujets récurrents de Carthage (Tunisie), où s'est tenue la réunion de l'Icann du 27 au 31 octobre dernier, a été l’internationalisation de l’organisation. Du discours d’ouverture de son président Paul Twomey à la présentation d’une version plus internationale de son site, l’organisme en charge du nommage sur Internet entend manifestement s’éloigner de plus en plus de son image américaine. Une volonté concrétisée par l’ouverture d’un bureau Icann en Belgique.
Vers une Icann plus internationale ?
C’est l’embauche de Paul Verhoef au poste de vice-président des organismes et des comités de soutien de l’Icann qui a donné l’impulsion pour la création d’un bureau en Belgique.
Après avoir occupé plusieurs postes au sein de la Commission Européenne depuis dix ans, Verhoef était dernièrement en charge de veiller sur les politiques internationales de la CE dans les secteurs des télécommunications et de l’Internet.
Basé à Bruxelles, il a donc régulièrement été en contact avec l’Icann. Hollandais d’origine, il parle également l’Anglais, le Français et l’Allemand. Bref, le profil multinational parfait pour une Icann qui veut tendre de plus en plus la main au reste du monde, à commencer par l’Europe.
Car depuis quelques temps, l’Icann donne l’impression d’avoir changé, presque mûri. Ses détracteurs restent bien entendu très nombreux, mais ils ne font manifestement plus face au même animal.
A l’image de son nouveau président Paul Twomey, l’Icann paraît aujourd’hui plus habile et plus ouverte. Après un Stuart Lynn tantôt hautain, tantôt dépassé, Twomey apporte la finesse d’un vrai politicien (n’oublions pas qu’avant de devenir président de l’Icann, il chapeautait son comité gouvernemental).
Homme de communication, il sait parler sans aliéner, se montrer tour à tour conciliant (il a su relancer les négociations avec les registres nationaux) ou ferme (comme dans l’affaire Site Finder de Verisign). Et en parfait politicien, Twomey sait aussi donner pour mieux recevoir.
« La communauté Internet à des attentes de plus en plus importantes à notre égard, » a-t-il ainsi rappelé à Carthage, en liant habilement l’internationalisation de l’Icann à la question de son financement.
Ouverture de petits bureaux pour collaborer avec les organisations et communautés locales et régionales.
« Notre budget doit donc nous permettre de répondre à ces attentes, de faire face au volume de travail à accomplir, mais également au partage géographique de ce travail. Nous envisageons donc l’ouverture de petits bureaux très ciblés dans les différentes régions où l’Icann est actif. L’arrivée de Monsieur Verhoef nous a permis d’annoncer l’ouverture prochaine d’un premier bureau à Bruxelles. Ces bureaux auront un but et un fonctionnement très précis : collaborer avec les organisations et communautés locales et régionales. Nous ne sommes pas là pour réinventer la roue. Nous pensons simplement qu’il y a pour nous de bonnes occasions de travailler main dans la main avec d’autres acteurs de ce secteur. »
La refonte du site de l'Icann en plusieurs langues
L’Icann souhaite donc accroître sa communication avec les différentes régions du monde. A ce titre, l’ouverture de bureaux locaux est incontestablement un signe fort envoyé à la communauté Internet. Un autre sera la refonte du site de l’Icann, mondialement critiqué pour son monolinguisme. Le nouveau site devrait, à terme, permettre l’affichage de textes en plusieurs langues.
Une version test de ce site tourne déjà et bien entendu, l’Icann appelle l’ensemble de la communauté à la commenter (par email, sur website-comments@icann.org).