La firme américaine envisage le rachat de la Beijing 3721 Technology Co, une société chinoise qui commercialise des mots clefs en sa langue pour remplacer les noms de domaine en caractères romains.
L’idée n’est certes pas nouvelle. Accéder à un site Internet en tapant un mot clef plutôt qu’un nom de domaine… ce type de service avait déjà été lancé en Occident. Le plus célèbre d’entre eux, RealNames, avait ainsi fermé en 2002 après avoir été « lâché » par Microsoft, l’un de ses actionnaires. La théorie, qui consiste à dire qu’il est plus simple de retenir un mot clef qu’un nom de domaine, n’ayant semble-t-il pas convaincu.
Mais pour les clients chinois de Beijing 3721, l’intérêt de ce type de service est plus important. En effet, les mots clefs qui leur sont proposés sont en langue naturelle, c'est-à-dire en Chinois pour eux, et sont ainsi plus faciles à utiliser que des noms de domaine en caractères romains.
L’offre de Yahoo sur cette société, qui commercialise les mots clefs génériques au tarif de $1300 par an, serait d’environ $120 millions en cash et en actions. Un prix élevé, mais qui permettrait à Yahoo de mettre un pied dans ce marché chinois qui attire aujourd’hui toutes les convoitises.
Reste que sur l’activité des mots clefs en chinois de Beijing 3721, certains n’hésitent pas à afficher ouvertement leur scepticisme. En effet, l’Icann et les registres asiatiques ont énormément travaillé sur les noms de domaine multilingues et ces derniers sont déjà proposés sur certaines zones. Leur déploiement pourrait donc avoir le même effet sur l’activité de Beijing 3721 que celui déjà vu avec RealNames.
Car lorsque les internautes peuvent accéder à leurs sites favoris par le biais de noms de domaine en langue naturelle, c’est apparemment ce mode de fonctionnement qu’ils préfèrent. En effet, l’utilisation de mots clefs requiert toujours une prise en charge technique spécifique - par le biais de programmes de mise à niveau des navigateurs ou directement assurée par le fournisseur d’accès - qui oblige l’internaute à sortir du cadre « traditionnel » de l’utilisation du réseau Internet.