Le nouveau patron de l’ICANN saura-t-il tenir ses promesses ?
“Je vais écouter chacun de vous, je serai super transparent, je prendrai toutes mes décisions dans l’intérêt général…”, déclarait hier Fadi Chehadé, lors de la cérémonie d’ouverture du 44ème Congrès de l’ICANN. Le nouveau patron de l’Internet s’engage, mais ce message sera-t-il suffisant pour rassurer la communauté Internet ?
De gauche à droite, Rod Beckstrom, Akram Atallah et Fadi Chehadé
"Écoute", "transparence", "intérêt général", seront-ils réellement les maîtres mots de la future gouvernance de l’Internet ? Dans le discours prononcé lundi lors de la traditionnelle cérémonie d’ouverture de ces 44èmes Rencontres de l’ICANN, Fadi Chehadé s’y est en tout cas engagé personnellement. Il a trois mois pour s’y préparer.
Nommé vendredi dernier à la tête de l’autorité de régulation de l’Internet, Fadi Chehadé ne prendra en effet ses fonctions que le 1er octobre 2012. Il remplacera alors Rod Beckstrom, PDG de l’ICANN depuis juillet 2009, lequel avait annoncé il y a quelques mois ne pas vouloir renouveler son mandat. L’intérim sera assuré jusqu’en octobre par Akram Atallah, l’actuel directeur général d’une organisation sous les feux croisés de la critique.
REDORER L’IMAGE DE L’ICANN
La panne technique, rapportée hier dans les colonnes de DomainesInfo.fr, et qui a encore une fois interrompu le processus de création des nouvelles extensions, n’est pas seule en cause. La gouvernance elle-même de l’Internet est depuis longtemps déjà le théâtre de controverses, de conflits d’intérêts et l’objet d’enjeux contradictoires.
L’ICANN est une organisation multipartite internationale dont l’objectif affiché est la sécurité et la stabilité de l’Internet au niveau mondial. Son nouveau patron, Fadi Chehadé, a confirmé vouloir pérenniser et développer ce modèle. Cependant l’organisation est aussi, comme l’ont notamment montré les nombreuses saisies de noms de domaine effectuées aux Etats-Unis, soumise de fait au bon vouloir du département du commerce américain. Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à remettre en cause la gestion de la ‘racine’ de l’Internet (fonction IANA) sans laquelle, selon Stéphane Van Gelder, l’ICANN n’aurait plus de raison d’être. Un appel d’offres est en cours. L’ICANN sera-t-elle désavouée ou se verra-t-elle accorder un nouveau mandat de 3 ans ?
Si c’est le cas, le plus probable, il courrait à partir du 1er octobre, date à laquelle Fadi Chehadé prendra ses fonctions à la tête de l’organisation. Dans un tel contexte et alors qu’il lui faudra accompagner l’arrivée sur la toile des toutes premières nouvelles extensions, le nouveau président aura donc fort à faire pour redorer l’image ternie de l’ICANN. Une qualité semble, pour l’instant, lui être unanimement reconnue, la diplomatie. Il en aura bien besoin !
Fadi Chehadé Né en 1962 à Beyrouth (Liban) de parents égyptiens, Fadi Chehadé, parle 4 langues (anglais, arabe, français et italien) et possède la triple nationalité, libanaise, égyptienne, et américaine. Arrivé aux États-Unis à l’âge de 18 ans, il est titulaire d’une maîtrise en gestion de l’ingénierie de l’Université de Stanford. Récemment encore président de Vocado LLC, société américaine spécialisée dans la fourniture de logiciels aux institutions administratives et éducatives, Fadi Chehadé est aussi le fondateur de plusieurs sociétés et notamment de RosettaNet, une organisation à but non lucratif regroupant plus de 500 entreprises de haute technologie. Il a également travaillé pour IBM, en qualité de directeur général chargé des services technologiques pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.
• Nommé vendredi dernier à la tête de l’autorité de régulation de l’Internet (ICANN), Fadi Chehadé prendra ses fonctions que le 1er octobre 2012.