La société américaine en charge du .COM vient de signer un accord pour développer une technologie visant à remplacer les codes barres dans le suivi des produits... et qui intéresse beaucoup la grande distribution.
En Amérique, les géants de la grande distribution se préparent à remplacer progressivement, dès la fin 2004, leurs étiquettes codes barres par des puces électroniques de la taille d'un grain de riz. Développée entre autre par le célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology), cette technologie baptisée RFID (pour Radio Frequency Identification) permet l'auto identification des marchandises par le biais de puces à radiofréquence.
En clair, ce n’est plus un type de produit qui est identifié (comme c’est le cas avec un code barres), mais chaque article individuellement. Une boite de petits pois, un billet de banque, un pull… tous acquièrent une identité unique. Le code RFID d’un produit sera lu automatiquement et permettra de savoir où il a été fabriqué, comment il a été transporté, mis en rayon, vendu, jeté, recyclé... Bref, de le suivre à la trace. Une technologie tellement prometteuse que la Banque Centrale Européenne envisage même d'incorporer une puce RFID à chaque billet de banque…
Le RFID est intimement liée à l'Internet. Les données concernant un objet ne sont pas stockées directement sur sa puce. Cette dernière n'enregistre qu'un numéro. Et tout comme une adresse IP permet d’identifier un nom de domaine et donc un site Internet, ce numéro RFID permet de lier un objet aux données qui le concernent et qui sont elles stockées sur un serveur. Le système de correspondances entre les adresses IP et les noms de domaine s'appelle le DNS (Domain Name System). La technologie RFID étant orientée vers les produits, ou objets, on a retenu pour elle l'acronyme de ONS (Object Name Service).
La parallèle avec les noms de domaine ne s'arrête pas à la technique. La gestion administrative du RFID reprend les grandes lignes de celle du nommage sur Internet. Ainsi MIT a récemment cédé ses travaux sur le RFID à EPCglobal, une organisation mondiale dorénavant chargée de gérer cette technologie et qui fait bien sûr penser à l’Icann.
Et les similitudes continuent. Le fonctionnement du RFID nécessitant un registre, là aussi tout comme les noms de domaine, Verisign s’y est intéressé... et vient de signer un accord avec EPCglobal, qui estime que l'expérience de Verisign lui permettra de faire fonctionner un registre devant répondre aux requêtes de millions machines sur des milliards d'objets !
Une nouvelle qui ne fait pas que des heureux, Verisign étant très décrié pour ses abus de position dominante dans le système DNS (l'affaire Site Finder reste en travers de beaucoup de gorges). Les organismes concernés par la défense de la vie privée, déjà très inquiétés par le principe de la radio identification de chaque objet, risquent de s'émouvoir encore plus à la vue de Verisign au centre d'un tel système. La CNIL est déjà montée au créneau, faisant savoir qu'elle "considère que les RFIDs sont des identifiants personnels au sens de la loi Informatique et Libertés".