Les adresses en « .biz », « .info » et « .name » font leur apparition
APRÈS les « .com », « .net » et « .org », la famille des noms de domaine dits génériques s'agrandit. Sept nouveaux suffixes ont été autorisés et vont progressivement faire leur apparition. Ainsi l'a voulu l'organisme chargé de réguler l'attribution des adresses Internet au niveau mondial, l'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann). Une décision qui remonte à novembre 2000, adoptée pour élargir la palette d'adresses disponibles et simplifier la navigation en ligne.
Avec déjà plus de 33 millions de noms de domaine suivis de l'une des trois extensions désormais classiques, le marché serait déjà saturé, surtout en « .com ». Si certains devinent des arrière-pensées mercantiles derrière l'initiative de l'Icann, d'autres déplorent une nouvelle concrétisation de la domination des Etats-Unis sur le réseau des réseaux : cet organisme, créé en 1998, dépend toujours du département du Commerce américain.
Du côté des partisans de l'introduction de nouveaux suffixes, on répond qu'elle permettra un aiguillage plus facile sur la Toile. Les dénominations retenues - « .aero », « .biz », «.coop », « .info », « .museum », « .name » et « .pro » - seraient suffisamment claires pour que les internautes puissent s'y retrouver dans l'inflation de noms de domaine qui risque de s'ensuivre. Pour l'heure, seuls « .biz », en principe destiné aux sites commerciaux, « .info », pour les informations de toutes sortes, et « .name », à l'intention des sites de personnes privées (par exemple, michel.dupont.name) sont sur la rampe de lancement. Ils devraient fonctionner à partir d'octobre pour les deux premiers et de novembre pour le troisième.
Pour les gérer, l'Icann a désigné des sociétés privées : l'américaine NeuLevel pour « .biz », un consortium de dix-huit firmes, baptisé Afilias, pour « .info » et Global Name Register, fondée par des Norvégiens, pour « .name ». Une telle responsabilité ne va pas sans avantages financiers. Ces entreprises empocheront au passage des recettes non négligeables.
LIMITER LE NOMBRE DE LITIGES
Depuis quelques semaines, toute personne ou entreprise intéressée par une adresse en «.biz » ou en « .info » peut s'enregistrer auprès de quelque quatre-vingt-dix sociétés privées ( registrars ), accréditées par l'Icann dans le monde. Ce sera le cas à partir de fin août pour le « .name ». Vice-président de la registrar française Domainoo, Rafaël Raingold explique que les frais d'enregistrement seront « plus élevés que pour les «.com», afin de décourager les éventuels cybersquatteurs ». A l'entendre, le schéma adopté devrait limiter le nombre de litiges, le titulaire d'une marque déposée ayant eu jusqu'au 6 août pour faire valoir ses droits en « .biz ». Si une marque identique est déposée par un tiers, une procédure de résolution de litige est alors ouverte. Ceux qui veulent obtenir un nom générique, comme voiture.biz ou télévision.biz, peuvent déposer autant de demandes qu'ils le souhaitent, à 7 euros l'unité : un tirage au sort mondial les départagera le 1er octobre.
Cette initiative a incité un avocat américain, Derek Newman, à porter plainte, fin juillet, contre NeuLevel, l'Icann et une trentaine de registrars, pour le compte de deux clients. Selon eux, les candidats à une adresse sont insidieusement poussés à multiplier les demandes (payantes) pour accroître leurs chances au tirage, alors que les frais de dossier ne seront pas remboursés en cas de malchance.
Pour le « .info », une personne ne pourra déposer le même nom qu'une seule fois, insiste Pierre Berecz, responsable commercial d'Indomco, autre société d'enregistrement française. Il est encore trop tôt pour juger de la qualité de ce dispositif, estime-t-on à l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), une agence des Nations unies chargée de résoudre les litiges. Toutefois, « il essaie de répondre aux besoins de protection des marques », estime l'un de ses responsables, Francis Gurry.