Le journal américain a laissé expirer l’un de ses noms de domaine. Manque de chance, il s’agissait justement de celui dont dépendent tous ses systèmes email ! Résultat : une rédaction sourde et muette pendant plus d’une journée.
C’est un cas d’école. L’exemple parfait de l’erreur de gestion d’un portefeuille de noms de domaine à ne pas commettre.
Le 29 janvier dernier, le nom washpost.com est arrivé à expiration. Selon l’usage, son gestionnaire (registrar) l’a donc automatiquement placé en statut inactif, provoquant ainsi l’arrêt de tous les services associés, y compris les sites Internet ou les serveurs de messageries email qui pouvaient dépendre de ce nom. La désactivation d’un nom ne prend pas effet tout de suite puisqu’elle doit se propager à l’ensemble du réseau Internet. Ce n’est donc que le 5 février que les emails du Washington Post ont complètement cessé de fonctionner.
Panique à bord. La rédaction ne peut plus communiquer avec le monde extérieur… qui ne peut plus la joindre non plus. « Cette histoire nous a vraiment fait comprendre à quel point nous sommes devenus dépendants de cette technologie pour travailler, » ont expliqué plusieurs reporters du journal.
Se connectant par le biais d’un autre serveur de messagerie, Steve Coll, le directeur de la publication du Washington Post, a tenté d’expliquer la situation à sa rédaction. « L’organisme qui gère ce nom de domaine nous a apparemment envoyé des relances pour nous notifier de son expiration proche, » leur a-t-il écrit. « Malheureusement, ces relances étaient envoyées vers une boîte email qui n’est aujourd’hui plus relevée. Par conséquent, tous nos systèmes d’email externes sont perturbés et ceux qui nous envoient des emails reçoivent des messages d’erreur. »
A la mi-journée, le Washington Post annonçait avoir pu procéder au renouvellement du nom de domaine avant qu’un tiers ait eu le temps de pouvoir le réenregistrer. Néanmoins, les effets de la coupure d’emails continuaient bien sûr à se faire sentir. Afin de pouvoir poursuivre leur travail d’obtention d’information et ainsi écrire leurs articles, la direction du journal a donc conseillé à ses reporters d’ouvrir des comptes email temporaires auprès de fournisseurs généralistes comme Yahoo.
Gageons qu’à présent, la direction du Washington Post aura à cœur de confier la gestion de ses noms de domaine à un prestataire spécialisé, plutôt que de risquer le désastre en s’en occupant (ou plutôt en ne s’en occupant pas !) elle-même.