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Actualité Cahier juridique Spécial Europe English version


Par Patrick HAUSS Par Patrick HAUSS
patrick.hauss@indom.com
Actualité
Publié le vendredi 14 mai 2004
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Libéralisation d'une extension : obligatoire pour garantir sa survie


Libéré, le .FR pourrait vite doubler de volume. Et comme il est plus facile à réserver, les français seront peut-être moins tentés par le .COM. On appelle ça le taux de pénétration. De plus en plus, les extensions nationales tablent dessus pour survivre, puis se développer.

 
La libéralisation du .FR devrait faire évoluer de manière considérable le volume des enregistrements. L’AFNIC, son gestionnaire, table même sur un doublement en un an. Ainsi été 2005, il y aura peut-être 375.000 .FR au lieu des quelques 185.000 recensés en avril 2004.

Que ces objectifs soient tenus ou non, la déréglementation du .FR aura un effet direct sur son niveau d’utilisation en France comparé avec l’extension phare actuelle : le .COM.

Extensions ouvertes, ou fermées…

Le taux d'utilisation d'une extension dans son pays, c'est-à-dire son taux de pénétration, dépend de sa facilité d'accès. En Europe, il y a deux principales catégories d'extensions : celle qui bénéficient de conditions d'accès souple (dites "ouvertes") et celles dont les conditions d'accès sont plus strictes (dites "fermées").

Des pays comme l’Allemagne ou le Danemark ont des extensions ouvertes et connaissent des taux de pénétration Importants. 88% des noms de domaine utilisés en Allemagne sont des .DE. 89% des domaines utilisés au Danemark sont des .DK.

Le taux de pénétration est une statistique primordiale puisque sa prise en compte permet d’orienter une politique de communication ou encore de protection de marque et d’appréhender le risque de cybersquatting propre à chaque extension nationale.

Impensable de ne pas utiliser le .DE en Allemagne

Par exemple, il apparaît aujourd’hui complètement inconcevable pour une société de s’adresser au marché allemand sans utiliser un nom de domaine en .DE. Pour réussir à exister sur le réseau Internet allemand, mieux vaut préférer un www.masociete.de à un accès de type www.masociete.com/allemagne.

A l'inverse, dans ces pays où le taux de pénétration des extensions nationales est faible, la plupart des sites Internet communiquent sur les extensions génériques (principalement les .COM, .NET et .ORG).

Ainsi la France, l'Espagne ou encore la Grèce ont des extensions nationales fermées et des taux de pénétration très faibles. Celui de l'Espagne est estimé à seulement 8% ! La France fait guère mieux avec environ 20 % (ce taux est d’environ 30% en Finlande ou en Irlande, deux autres extensions nationales relativement fermées).

Ouvrir pour grandir

La corrélation entre le taux de pénétration d'une extension et son degré d'ouverte étant manifeste, la libéralisation a donc un impact important sur le fonctionnement d'une extension. Elle peut même assurer la pérennité de l'extension en question.

L'exemple de la France est encore trop jeune pour pouvoir en tirer des conclusions, mais celui de la Belgique le permet. Zone historiquement fermée, le .BE était traditionnellement boudé par les belges au profit du .COM. Sa libéralisation le 21 décembre 2000 a fait passer le .BE dans le camp des extensions à fort taux de pénétration. De 35% avant l’ouverture, il est passé à plus de 75% en 2003 !


Points essentiels de l'article


•  Utilisation forte
Le taux de pénétration d'une extension nationale témoigne de son degré d'utilisation et d'acceptation dans son pays.

•  Une Europe à deux vitesses
En Europe, les extensions sont soit ouvertes, c'est à dire qu'y enregistrer un nom et facile, soit fermées.

•  Fort taux
Les extensions ouvertes ont un taux de pénétration nettement plus important.

•  Impact d'une libéralisation
L'exemple du .BE (Belgique) montre que libérer une extension, c'est considérablement augmenter son taux d'utilisation.



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