En relatant l'histoire de Scott Draves, qui s'est fait voler le nom de domaine critique de son activité, le magazine américain Wired met l'accent sur les véritables conséquences de la perte d'un nom.
Scott Draves avait déjà tout perdu, raconte Wired news. Comme bon nombre de ses collègues, l'ingénieur informatique s'est retrouvé au chômage après l'éclatement de la bulle Internet. Même le fournisseur d'accès chez lequel il avait enregistré son adresse email personnel avait fait faillite.
Il restait à Scott Draves une seule source de fierté professionnelle : son économiseur d'écran "Electric Sheep". Le logiciel, créé par Draves, est autant à la pointe mathématiquement que graphiquement. Il est intégré dans la plupart des versions de Linux, a été montré dans Wired et devait être présenté au 11e salon international de l'art électronique à Nagoya, au Japon, en novembre.
Or juste avant ce salon, Scott Draves a appris qu'il ne contrôlait plus son nom, electricsheep.org. D'après Wired, quelqu'un avait remis l'ex adresse email de Scott Draves en service, puis utilisé cette adresse pour changer le contact administratif du nom et demander son transfert de Verisign vers un autre registrar. Afin de parfaire le larçin, le nom a ensuite été transféré une deuxième fois, vers le registrar français Gandi. Là, une fausse adresse et de fausses coordonnées téléphoniques ont été enregistrées pour le contact.
Scott Draves, qui a bien entendu signalé ce méfait à Verisign, aura bien du mal à obtenir gain de cause. "Mes premiers contacts avec Verisign ne sont pas encourageants," a-t-il expliqué. "Ils m'ont répondu qu'ils n'avaient aucune trace de moi comme propriétaire de electricsheep.org."
Le commentaire de DomainesInfo
Tant que cela n'arrive qu'aux autres, ce n'est jamais grave. Mais quiconque a déjà perdu un nom de domaine sait à quel point la sécurisation est importante. Car une fois le nom parti, il est très difficile de le récupérer. Le cas de Draves en est la parfaite illustration.
Verisign a vu le nom partir sans pouvoir déceler de vice de procédure. C'est normal, celle-ci a été respectée à la lettre. Le nom n'est donc plus dans la base de donnée du registrar Verisign. Mais pour brouiller les pistes encore un peu plus, le voleur opère un second transfert vers un registrar qu'il est uniquement possible de contacter par email. Autant dire que le pauvre Scott Draves aura plus vite fait de se trouver un autre nom pour son projet que de tenter de récupérer celui là !
Les grandes sociétés, qui furent les premières cibles et donc les premières victimes des "voleurs de noms", l'ont compris depuis bien longtemps : le nom de domaine est un bien de forte valeur.
Voilà pourquoi elles sous-traitent de plus en plus la gestion de leurs noms à des bureaux d'enregistrement spécialisés. Ces experts connaissent les astuces qui permettent de dérober un nom. Ils sont donc en mesure de les sécuriser. Surtout, en cas de problèmes, les bureaux d'enregistrement qui offrent ce type de gestion personnalisée poussée sont redevables. De quoi faire une différence quand on a vraiment tout perdu...