L'extension ".eu" va bientôt apparaître sur la toile. Alors que la date n'est pas encore fixée, les entreprises se tiennent sur les starting-blocks pour arracher leur nom de domaine européen.
L'identification européenne sur Internet, dite ".eu", n'a pas encore fait son apparition, qu'elle suscite déjà toutes les convoitises. Les entreprises qui voudront décrocher un nom de domaine européen ont en effet tout intérêt à préparer d'ores et déjà leur dossier. "Il y a 500 millions de candidats européens potentiels", soulignent les responsables d'Indom, société française spécialisée dans l'enregistrement de noms de domaine, qui prédisent "une ruée vers l'or".
Deux raisons à cela : il s'agit soit de "fermer la porte aux autres sociétés en ne leur laissant pas la possibilité d'obtenir des noms stratégiques", soit "d'ouvrir la porte pour soi en élargissant sa présence sur internet", explique Thomas Sertillanges, directeur de la communication d'Indom. "Les sociétés qui voudront donner une dimension européenne à leurs activités ne peuvent se permettre d'être absentes de cette nouvelle zone", renchérit Stéphane Van Gelder, co-fondateur d'Indom et administrateur de l'Afnic, l'organisme qui gère les noms de domaine en France.
"Premier arrivé, premier servi"
Les règles d'attribution du nom de domaine sont d'ores et déjà en grande partie connues. Toute entreprise ayant son siège, son administration ou son lieu d'établissement principal dans l'Union pourra postuler, de même toute organisation établie dans l'UE ou toute personne physique résidant dans un des 25 pays. Pendant une période dite de "sunrise" (aube), certaines sociétés bénéficieront d'un enregistrement prioritaire, justifié par un dépôt de marque. Ce sera aussi le cas des organismes publics ou encore des appellations d'origine.
Lors de cette période, qui devrait commencer au début du 2ème semestre 2005, c'est la règle du "premier arrivé, premier servi" qui prévaudra à la condition que le dossier du candidat soit complet et accepté. Au jour J à heure H, le ".eu" sera accessible à tous. Ce sera alors le moment pour tous les retardataires mais aussi les particuliers, petites entreprises et autres candidats de déposer leur demande, selon la même règle.
Des noms juteux
Parmi les noms de domaines qui devraient être les plus recherchés figurent les noms génériques anglosaxons, tels "television.eu", "media.eu", "press.eu", "business.eu" ou même "sex.eu" qui ne pourront être remportés que par un seul candidat. Un enjeu de taille, souligne M. Van Gelder qui cite l'exemple d'un nom de domaine comme "sex.com", estimé à quelque 10 millions de dollars pour une licence payée en fait une cinquantaine de dollars par an.