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Publié le mardi 26 avril 2005
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Coulisses : les grandes manoeuvres de Verisign pour garder le .NET


Maîtriser le lobbying, gonfler le sentiment d'insécurité, profiter de soutiens de sociétés partenaires et de liens étroits avec l'évaluateur… une enquête fascinante révèle les dessous de la reconquête du .NET par Verisign.

 
Le dossier réalisé par le renommé journal américain Washington Post sur la stratégie développé de main de maître par Verisign pour garder le .NET se lit comme un roman policier. Fasciné, on y mesure au fil des phrases toute l'ampleur du système mis en place par le registre historique de l'extension pour éviter de la perdre.

Des morts sur la route du .NET ?

Pour commencer, on comprend mieux les conséquences de la décision de l'Icann de "jouer la sécurité" en gardant Verisign comme opérateur du .NET. L'ensemble de la communauté Internet américaine semble en effet s'être sentie trahie par la reconduction de Verisign. Sur les forums spécialisés, les réactions se sont faites virulentes. "Je préfèrerai confier le .NET à Microsoft avant de le redonner à Verisign," a ainsi écrit un Internaute. "Et ce n'est pas le genre de déclaration que je fais facilement. Si Verisign construisait des voitures, il y aurait déjà eu des morts !"

Alors comment expliquer, face à une telle hostilité et un processus de sélection en apparence pensé par l'Icann pour déposséder Verisign du .NET, que l'extension n'ait finalement pas changée de main ? Une des raisons est manifestement le sentiment d'insécurité qui continue d'être fort dans l'Amérique de l'après 11 septembre.

Le Washington Post nous apprend ainsi que Verisign a parfaitement su mobiliser la presse et les grandes sociétés avec lesquelles elle entretient de bonnes relations (Microsoft ou Sun par exemple) dans le cadre d'une grande campagne de lobbying destinée à profiter de ce sentiment d'insécurité. Le but était d'envoyer un message clair aux milieux politiques dont, finalement, l'Icann reçoit les ordres. "La sécurité de l'Internet dépend du .NET. Et la sécurité du .NET est parfaitement assurée par Verisign depuis que la société gère l'extension."

Il semblerait également que Verisign ait bien été aidé par le choix de la société Telcordia comme évaluateur indépendant du dossier .NET. La maison mère de Telcordia fut l'un des actionnaires de Network Solutions, l'ex filiale registrar de Verisign. Or les mentalités seraient restées très proches chez Telcordia et Verisign, les deux sociétés ayant les mêmes façons de travailler.

Histoire de gros sous

Bien entendu, si Verisign n'a pas hésité à sortir l'artillerie lourde pour garder le .NET, c'est avant tout pour une histoire de gros sous. Pas ceux générés directement par le .NET – la gestion de l'extension rapporterait quand même 30 millions de dollars par an à Verisign. Non, garder le .NET était avant tout une question d'image pour Verisign.

L'action Verisign a d'ailleurs gagné plus de 5 % lorsque l'Icann a confirmé que le .NET ne changerait pas de gestionnaire. La confiance des investisseurs a notamment été renforcée par l'idée que si Verisign avait réussi à garder le .NET, il y avait vraiment très peu de chance que le registre puisse perdre un jour le .COM et ses 150 millions de dollars de chiffre d'affaire annuels.

Mais l'affaire du .NET n'est peut être pas complètement terminée. Ainsi le Washington Post nous apprend que trois des quatre concurrents de Verisign dans le dossier .NET ont déjà officiellement déposé plainte contre certains des aspects d'un processus de sélection qu'ils considèrent comme injustement en la faveur de Verisign…


Lien(s) de l'article :

Lire le dossier du Washington Post

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