Nouvelle tendance sur internet : la "porn piracy", ou la redirection sauvage vers des sites pornographiques. Un moyen à la mode de ridiculiser gouvernements locaux, mairies et autres organismes d'état, mais aussi de créer du trafic sur son site.
Villa Hills, petite bourgade du Kentucky, a eu bien tort d'oublier de renouveler son nom de domaine. Aujourd'hui, le site www.villahills.com mène vers une page d'accueil qui ne vante en aucun cas les mérites de la ville mais plutôt ceux de Tina, charmante jeune étudiante habitant New York et possédant une webcam...
Le service d'information de la ville de Manchester (Iowa), le diocèse de Brooklyn (New York), le théâtre de ballet de Maryland... autant d'institutions dont les internautes se sont retrouvés pris en otage par des spécialistes de ce que les Américains appèlent déjà la " porn piracy " ou piratage pornographique.
Expiré, mais pas pour tout le monde !
L'astuce est simple. Elle consiste simplement a renouveller un nom de domaine parvenu à expiration avant que son premier propriétaire ne s'en apperçoive. Certains s'en sont meme fait une spécialité.
Pour ces gens peu-scrupuleux, le bénéficie est double. Premièrement, ils prennent les anciens propriétaires en otages sans pour autant enfreindre de loi. « Une fois victime de ce système, nous avons vite compris que nous n'avions aucun recours » explique Carole Martin, webmaster du diocèse de Brooklyn, dont l'ancien nom de domaine pointe maintenant vers un portail pornographique. « Ces gens ont racheté notre ancien nom de façon tout à fait légitime. Nous les avons contactés dans l'espoir de trouver un accord à l'amiable pour récupérer notre nom mais ils nous en ont demandé $ 1500 (environ € 1680) ! »
Un nouveau type de cybersquatting
L'autre intéret est de récupérer à peu de frais (le prix d'un renouvellement) un trafic d'internautes déjà établi. « Je crois qu'ils ont choisi notre nom parce que nous avions environ 500 liens vers notre site » poursuit Carole Martin. « Il existait depuis plus de trois ans et nous avions des contacts dans le monde entier. »
Cette mésaventure doit d'abord servir de leçon sur la nécessité d'un suivi professionnel de ses noms de domaine.
Faire appel A des professionnels
Car les prédateurs ne manquent pas. La société américaine N2H2, spécialiste du filtrage sur Internet, suit ce nouveau type de piratage depuis environ un an. « Nous voyons des opérateurs de sites pornographique se spécialiser dans la reprise de noms "usagés" » explique David Burt, le directeur des relations publiques de N2H2. «Nous en avons identifié en Arménie et en Russie. Comme ils reprennent des noms de domaine d'organismes religieux ou d'associations à but non-lucratif, ces derniers sont rarement concernés par des dépôts de marque. Il n'y a donc apparemment pas grand chose à faire pour contrer ces pirates.»
Si ce n'est surveiller l'échéance de son nom de domaine ou le confier à une entreprise spécialisée.