Plus que jamais, Internet est un support de défense des langues et des cultures régionales. D'après une étude récente, l'Anglais perd en effet du terrain face à la montée d'autres langues dont le Français.
La FUNREDES, organisation non gouvernementale internationale qui se consacre à la diffusion des nouvelles technologies de l'information dans les pays en voie de développement, réalise chaque année depuis 1997 une étude sur la place des cultures et des langues sur Internet.
Sa méthodologie : observer l’espace d’indexation de chaque langue sur Google.
Dans son rapport de cette année, l’émergence des langues latines et la baisse de l’Anglais, dessine les prémisses d’une nouvelle cartographie de l’Internet. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le français, jusqu’à maintenant classé derrière l’Allemand (6,94%) et l’Espagnol (4,6%), reprend aujourd’hui le dessus et se place avec 4,93%, troisième derrière l’Anglais (45%) et l’Allemand.
Cette progression lente mais soutenue du français sur le web (de 4,32% en 2003 à 4,93% en 2005) s’explique par la politique volontariste de la francophonie menée depuis plusieurs années en France, notamment dans la production de contenus sur le web (60% des pages francophones viennent de France).
Des extensions nationales de plus en plus légitimes
Autre évolution qui ne trompe pas : le recul annoncé de l’Anglais qui est passé de 49% en 2003 à 45% en 2005, la population anglophone ne représentant aujourd’hui qu’un peu moins de 30% du total des internautes.
Il est donc certain qu’une nouvelle "géographie du web" verra le jour d’ici quelques années, donnant ainsi toute sa légitimité aux ccTLD.
Dernier signe de l’émergence de ce pluralisme des cultures sur le web : la naissance d’une première extension ccTLD régionale validée par l’ICANN, le .CAT, pour la Catalogne. L’évènement a son importance, car il ouvre la possibilité d’un régionalisme des noms de domaines sur le net.
• 30 langues par pays On compte aujourd’hui près de 6800 langues parlées dans le monde, réparties dans plus de 220 pays (ou États). Théoriquement, on compterait 30 langues par pays. L’Afrique Centrale, la Chine, l’Australie, l’Indonésie et l’Amérique centrale sont les régions du monde à plus forte densité linguistique. • Les langues européennes moins menacées D’après le linguiste français Claude Hagège une langue disparaît tous les quinze jours, c'est-à-dire 25 annuellement. A ce rythme, si rien n'est fait, le monde aura perdu dans un siècle la moitié de son patrimoine linguistique. En Europe, sur 123 langues recensées — le continent le moins menacé — on compte 9 langues moribondes, 26 proches de l’extinction et 38 en danger.