La délégation technique des extensions prend de l’ampleur
Certains registres préfèrent laisser la gestion technique à un prestataire de service afin de mieux se concentrer sur l'administration de leur extension. Coup d'œil sur un mode de fonctionnement qui tend à se développer.
Depuis décembre 2004, le .IN est géré par AFILIAS (registre du .INFO). De leur côté, les chinois ont décidé de confier la gestion technique du .CN à NEULEVEL (registre du .BIZ). Et depuis janvier 2005, l’Australie vient d’affirmer la même position en reconduisant son contrat avec AusRegistry, gestionnaire technique du .AU.
Cette configuration originale (d’un côté le Registre, assurant un rôle décisionnaire, de l’autre le gestionnaire technique assurant le bon fonctionnement de l’extension) n'est pas toujours appliquée pour les mêmes raisons.
Concernant la Chine, un choix pragmatique s’était imposé : le .CN étant l’extension accessible aux investisseurs étrangers, le registre local a jugé opportun de confier sa gestion technique à un homologue occidental (alors que le .COM.CN, extension nationale historique, reste gérée localement). La démarche s’est révélée payante puisque le CNNIC annonce 912 000 noms déposés à ce jour, un essor en grande partie dû aux déposants étrangers.
Pour l’Inde, l'opération de libéralisation ne s’est pas faite sans certains déboires (période sunrise trop courte, problème de rapatriement), ce qui a poussé le pays à faire appel à un gestionnaire technique expérimenté.
De réels avantages pour les pays émergents
Cette configuration vise à dissocier deux métiers qu’un registre assure généralement seul : le rôle d’administrateur et le rôle de gestionnaire technique).
Elle offre par ailleurs de réels avantages pour les pays émergents :
D’abord, une prestation technique solide, supportée par des entités ayant une expérience forte dans la gestion technique des noms de domaine (AFILIAS est registre du .INFO depuis 2001, NEULEVEL du .BIZ depuis aussi longtemps).
Ensuite, c’est l’opportunité pour un registre de recentrer son action sur les aspects administratifs et commerciaux de son extension afin de mieux la faire exister sur le net.
C’est semble-t-il le parti pris par AUDA, le gestionnaire de l'extension australienne. Ce dernier a donc opté pour ce mode de gestion dissocié avec un prestataire pour assurer la partie technique du fonctionnement de l'extension.
Et fort du succès croissant de cette dernière (500 000 noms de domaine déposés), AUDA a récemment annoncé avoir reconduit jusqu’en 2010 l'accord de gestion technique accordé au prestataire AusRegistry.
Voilà qui laisse le registre libre de mieux se concentrer sur des actions concrètes pour renforcer le développement de son extension. Ainsi AUDA a récemment lancé une campagne de promotion par le biais de laquelle il offre la totalité des bénéfices des sous-domaines INFO.AU et ORG.AU aux opérateurs de l’Internet australien les plus novateurs.
De quoi renforcer la visibilité de l'extension tout en participant au développement du secteur Internet dans son ensemble. Le meilleur des deux mondes, en quelque sorte…