Verisign promet d'arrêter les faux avis d'expiration.
Verisign, propriétaire historique du registre des zones .com, .net et .org, a accepté d'arrêter l'envoi de faux avis d'expiration aux clients de ses concurrents. En mai dernier, déjà, la société américaine avait reçu l'ordre de mettre un terme à ces pratiques.
"Nous espérons que cette décision sera perçue comme un message à tous ceux qui, dans notre métier, se laissent aller à des stratégies de marketing aussi discutables. " La réaction de Bob Parsons, le patron du registrar GoDaddy, peut paraître triomphaliste, voir moralisatrice. Mais il est vrai que sa société vient de porter un coup important à Verisign. Le leader mondial du nom de domaine a semble-t-il appliqué des pratiques commerciales douteuses. GoDaddy l'a attaqué et a donc obtenu gain de cause.
L'objet du litige : des avis d'expiration trompeurs qui ont été envoyés par Verisign aux clients de ses concurrents pour les inciter à opérer un transfert chez Verisign. Une première décision de justice ordonnant à Verisign d'arrêter ces avis (voir notre article) n'a visiblement pas été respectée, d'où l'ire de GoDaddy.
Cette fois, Verisign s'est donc engagé par écrit à ne plus envoyer de faux avis d'expiration ni de lettres incitantà leur transférer les noms de domaine. GoDaddy n'entend cependant pas s'arrêter là et souhaite obtenir des remboursements pour les clients qui auraient déjà été dupés par Verisign.
Le commentaire de DomainesInfo
Pour la première fois, Verisign a reconnu s'être laissé aller à des pratiques douteuses. C'est un fait marquant dans l'histoire du nommage sur Internet car Verisign a longtemps été soupçonné par les autres acteurs de ce marché d'abuser de certains avantages.
Est particulièrement décrié l'aspect inique d'un système où l'organisme en charge de rendre les noms accessibles sur Internet et les inscrivant dans la base de données centrale (la fonction première d'un registre) peut également les proposer directement à la vente (comme un registrar, ou bureau d'enregistrement). En France, par exemple, le registre (l'AFNIC) gère la zone .fr mais s'appuie sur un réseau de prestataires affiliés pour vendre les noms.
Ce système paraît nettement plus équilibré que le Shared Registry System (SRS) en vigueur aux USA. L'Amérique aime les paradoxes. Sous le prétexte de maximiser la liberté d'entreprendre, on a désavantagé les registrars en les plaçant en concurrence directe avec le registre. Ce dernier ayant de plus été tenté d'abuser de cette situation, pas étonnant qu'aujourd'hui les registrars n'aient plus envie de subir cette situation.
Le plus grave, c'est que le grand perdant est comme d'habitude l'utilisateur final, qui se fait parfois tromper. La plupart des pays européens ont adopté un système similaire à celui de la France, où le registre ne vend pas en direct. D'ailleurs, le registre est souvent une association sans but lucratif. Résultat : moins de chaos et un marché qui apparaît plus sain et plus clair pour les acheteurs de noms de domaine. En matière d'Internet, il est peut-être temps que pour une fois, l'Amérique s'inspire du Vieux Continent...