Gouvernance de l'Internet : l'Europe maintient la pression
A six mois du premier Forum sur la Gouvernance de Internet (FGI), l'Europe demande à ce que cette gouvernance continue à être améliorée. Une critique à peine voilée de l'ICANN.
Dans un communiqué publié le 27 avril, la Commissaire européenne à la Société de l'information Viviane Reding a tenu à "entretenir l’élan donné par le sommet mondial sur la société de l’information."
En point de mire évident, l'actuelle main mise exercée sur la gouvernance de l'Internet par les Etats-Unis, notamment au travers de l'ICANN. "La Commission demande que des négociations internationales se poursuivent pour améliorer la gouvernance de l'Internet grâce aux deux nouveaux processus créés par le sommet : le Forum multilatéral sur la gouvernance de l’Internet et le mécanisme de coopération renforcée, auquel participeront tous les gouvernements sur un pied d’égalité," indique le communiqué.
Et Viviane Reding de surenchérir : "Lors du sommet mondial de Tunis, l’an dernier, nous avons fait un grand pas en direction d’un consensus mondial sur le fait que la gestion au jour le jour de l’Internet doit se dérouler sans interférence de la part d’un gouvernement quelconque. Il nous faut maintenant assurer que ces engagements soient pleinement respectés. Des interventions dans l'architecture centrale de l'Internet ne peuvent plus être justifiées si elles n'ont pas lieu sur la base de principes de politique publique acceptés au niveau mondial."
La Commission n'oublie pas non plus d'épingler ces pays qui ne comptent pas le respect des droits de l'homme parmi leurs priorités et qui tentent donc de juguler cet espace de liberté que se révèle souvent être Internet.
"La Commission se félicite de la déclaration claire et sans équivoque du sommet mondial sur l’importance essentielle de la société de l’information pour la démocratie et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d'opinion, ainsi que la liberté de recevoir des informations et d’y avoir accès. C’est la raison pour laquelle la Commission est préoccupée par les cas de cyber-répresssion, c'est-à-dire le détournement des TIC pour aider des régimes répressifs à restreindre la libre circulation des informations sur l’Internet. La Commission encourage les entreprises concernées à élaborer un code de conduite pour cette question cruciale, en collaboration étroite avec des ONG."
Pas besoin de lire très loin entre les lignes de ces déclarations pour y voir visés des entreprises comme Google et des pays comme la Chine…