Le cybersquatting commercial est en perte de vitesse. Mais le cybersquatting politique obéit à d’autres règles.
Il n’est plus très facile de faire fortune en enregistrant le nom de domaine d’une société dans un but de générer du profit à la revente. Une jurisprudence de plus en plus claire protège les ayants droits dans ce genre de litiges.
Un nouveau type de cybersquatting se développe cependant, avec plus de succès. Certains l’ont surnommé « l’évènement squatting ». Le jeu consiste à enregistrer le nom d’un candidat à une élection avant lui. On lui propose alors de racheter le nom … ou de le vendre à son concurrent. L’échéance électorale étant proche, le candidat n’a pas le loisir d’entreprendre une démarche longue en vue de récupérer son nom, et il craint que son concurrent ne l’achète avant lui pour diffuser des informations négatives.
Notre confrère texan le Dallas News a récemment narré les déboires du candidat au poste de Sheriff du Compté de Denton, Weldon Lucas. Le nom weldonlucas.com avait en effet été enregistré par un tiers et mis en vente pour $1457 dollars.
En vue de l’élection présidentielle de 2007, DomainesInfo.fr a enquêté sur les hommes politiques français et leurs noms de domaine. Comme l’indique le tableau ci-dessous, 62 noms ont été pris à ce jour mais seulement 13 sont clairement enregistrés par le candidat, son parti ou un de ses proches.
On remarque que les candidats dans l’ensemble favorisent les .COM, .NET et .ORG, laissant parfois leurs .INFO à un tiers. Personne ne s’intéresse au .BIZ. Le .FR aux règles d’enregistrement plus restrictives semble également délaissé. Mais gageons que sa libéralisation prochaine (prévue pour le 11 mai) changera cette donne.
François Bayrou étant manifestement parmi les plus vigilants sur les noms de domaine, nous avons poussé l’analyse plus loin. Voici, dans l’ordre de création, 42 des noms que nous avons pu identifier. Si le candidat Bayrou s’est laissé prendre de vitesse sur bayrou.com, il s’est bien rattrapé par la suite en protégeant systématiquement diverses déclinaisons en .COM, .NET et .ORG.