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Actualité Cahier juridique Spécial Europe English version


Par Patrick HAUSS Par Patrick HAUSS
patrick.hauss@indom.com
Dossier
Publié le jeudi 13 mai 2004
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Etude : Le lien entre le taux de pénétration d'une extension et sa libéralisation


La libéralisation d’une extension constitue un événement majeur dans la vie de celle-ci. En témoigne un indicateur précieux : celui du taux de pénétration d’un ccTLD dans son propre pays. Décryptage.

 
La libéralisation du .FR devrait faire évoluer de manière considérable le volume des enregistrements sur cette extension. L’AFNIC table même sur un doublement du nombre de .FR un an après la libéralisation de l’extension. A la veille de l’été 2005, la zone devrait alors compter près de 375.000 noms enregistrés (il y avait quelques 185.000 .FR au 01/04/2004).

Que ces objectifs quantitatifs soient tenus ou non, la déréglementation de l’extension aura un effet direct sur le niveau d’utilisation du .FR en France, et ce comparativement avec l’extension phare actuellement utilisée : le .COM.

Deux catégories d’extensions en Europe …

Sachant que de la facilité d’accès au ccTLD (ndlr : l'extension nationale) de son pays dépend directement le taux de pénétration dudit ccTLD, il est possible de distinguer deux grandes catégories d’extensions eu Europe.

Une première série d’extensions bénéficie de conditions d’accès souples (on parle généralement d’extensions "ouvertes"). Cette absence de contraintes à l’enregistrement permet à des pays comme l’Allemagne ou encore le Danemark de connaître les taux de pénétration les plus forts. 88% des noms de domaine utilisés en Allemagne sont en effet des .DE et 89% des domaines utilisés au Danemark sont des .DK.

Quelle importance accorder à cette variable statistique ? Ces données sont de la plus haute importance puisqu’elles vont permettre de gouverner la politique de nommage d’entités juridiques ayant un périmètre d’activité européen ou mondial.

La prise en compte de ce ratio va ainsi permettre d’orienter une politique de communication ou encore de protection de marque au niveau international et d’appréhender le risque cybersquatting propre à chaque ccTLD.

A titre d’illustration et en prenant le cas du ccTLD allemand (.DE), il apparaît aujourd’hui complètement inconcevable pour une société de s’adresser au marché allemand sans utiliser un nom de domaine en .DE. De même, l’existence de sites Internet multilingues justifie souvent, par elle-même, la réservation d’un nom de domaine dans tel ou tel pays.

La logique e-marketing voudrait donc que l’on ne propose pas à un internaute allemand d’accéder à un site via un URL de type : http://www.masociete.com/allemagne mais bien de proposer directement une URL de type http://www.masociete.de, naturellement plus efficace en terme de communication et de positionnement sur une marché.

A l’opposé, l’Europe connaît une série d’extensions dites "fermées" pour lesquelles les conditions d’accès au ccTLD sont restreintes. Au rang de ces extensions figurent le .FR (France), en cours d’ouverture, le .GR (Grèce) ou encore le .ES (Espagne).

Dans ces pays, il est courant de constater des taux de pénétration du ccTLD local ne dépassant pas les 20%, la plus grande partie des enregistrements étant accaparée par les extensions génériques (principalement les .COM, .NET et .ORG).

A titre d’illustration, l’Espagne connaît un taux de pénétration du .ES estimé à 8% ; le taux de pénétration du .FR en France est, quant à lui, d’environ 20%. (Ce taux est d’environ 30% en Finlande ou en Irlande).

Les effets d’une libéralisation sur le taux de pénétration du ccTLD local

Si l’Europe peut être aussi aisément classée en deux groupes lorsque l’on étudie le niveau de pénétration du ccTLD local, c’est tout simplement qu’il n’existe pas réellement de demie mesure.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la libéralisation, la déréglementation ou encore l’ouverture d’une extension de type ccTLD opère un bouleversement progressif d’un ordre établi faisant basculer le ccTLD concerné d’un camp à l’autre.

L’exemple belge (.BE) est la parfaite illustration de ce phénomène. Zone historiquement semi fermée, les enregistrements étaient principalement réalisés sur les extensions génériques. L’ouverture de la zone .BE le 21 décembre 2000 a fait basculer le .BE dans la catégorie des extensions à fort taux de pénétration du ccTLD local. Alors que le taux de pénétration du ccTLD était de 35% avant l’ouverture, le taux est passé à plus de 75% en 2003.

Prime à l'extension nationale

La conclusion de cette étude est simple : même si le réseau est mondial et que la transversalité du .COM est séduisante, les entreprises, les collectivités et même les particuliers sont demandeurs de l’extension de leur pays.

Au point de délaisser leur .COM ? Certainement pas. La protection est aujourd’hui cumulative et parfois beaucoup plus large lorsqu’il s’agit de protéger des marques ou dénominations à forte notoriété. Il s’agit là d’un autre débat.

Quoiqu’il en soit, il ne faut surtout pas oublier la récente progression des extensions ccTLD ; le .DE et le .UK ont respectivement pris la deuxième et la troisième place des extensions (en terme de volumes d’enregistrement) derrière le .COM mais devant le .NET et le .ORG.

Cette récente progression ne doit enfin pas faire oublier une autre donnée qui est de taille : celle de la marge de progression des ccTLD ! Une fois de plus le .COM n’a qu’à bien se tenir.


Points essentiels du dossier


•  Décodage
L'extension d'un pays a un taux de pénétration élevé si, dans ce pays, les réservations de noms de domaine se font principalement sur cette extension, au détriment des autres.

•  Peu de contraintes
Les extensions nationales dont les conditions d'enregistrement sont les plus souples sont celles qui ont le plus fort taux de pénétration.

•  e-marketing
Le taux de pénétration d'une extension peut orienter une politique de communication ou de protection de marque sur la zone Internet concernée.

•  Faire concurrence au .COM
Aujourd'hui, les volumes d'enregistrement des extensions nationales a fort taux de pénétration progressent... au point de pouvoir un jour envisager de concurrencer le .COM.



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