Gros plan sur Neustar, la "petite société" américaine qui gère le .US, le .BIZ et a servi de portail pour le lancement du .CN
Neustar, la maison mère de Neulevel
Les grosses sociétés américaines font souvent peur sur Internet. Les attitudes hégémoniques ou monopolistiques des Verisign de ce monde font que la confiance n’est pas toujours de mise en voyant arriver une nouvelles américaines sur un secteur d’activité comme celui du nommage sur Internet.
Surtout si, en moins de deux ans, l’américaine en question semble faire preuve d’un appétit plus que féroce, dévorant coup sur coup une nouvelle extension générique, l’extension nationale américaine et, cerise sur un gâteau déjà très richement décoré, celle de la Chine. Neustar, puisque c’est bien du registre du .BIZ et du .US ainsi que de l’opérateur international du .CN qu’il s’agit, ne fait donc pas que rassurer.
Les rumeurs sont d’ailleurs allées bon train à son sujet. Plus grosse que Verisign, certains en Europe voyait aussi Neustar comme plus dangereuse. Pourtant, Neustar a très à cœur de ne pas reproduire les erreurs de Verisign, dont la première est sans conteste une présence aussi ambiguë que décrédibilisante à la fois sur le marché des registres (ceux qui gèrent une extension) et sur celui des registrars (les bureaux d’enregistrement, ou ceux qui commercialisent l’extension en question auprès des utilisateurs). Difficile en effet de faire confiance à une société qui est prête à concurrencer ses propres partenaires…
En arrivant tardivement sur le marché des noms de domaine, Neustar entend bien retenir les leçons que les autres ont parfois appris à leurs dépends. Son activité est donc uniquement exercée au niveau registre, sans vente directe aux clients finaux. Et l’ambition est bien là. Celle d’aller plus loin que le simple nom de domaine en proposant des services associés à valeur ajoutée (Neustar vient ainsi de lancer un système de référencement automatique de sites Internet ainsi qu’un produit de certification d’emails).
Celle aussi de rentabiliser au maximum son expertise de registre acquise sur le .BIZ et le .US, éventuellement en devenant plateforme technique pour aider d’autres entités à commercialiser d’autres extensions (la théorie derrière l’accord entre Neustar et la Chine sur le .CN).
Surtout, Neustar est déjà un gros poisson dans une autre mare, celle d’Enum. Rappelons qu’il s’agit d’un projet visant à rapprocher la téléphonie de l’Internet. Le postulat de base est : comment accéder à des services sur Internet par le biais d’un numéro de téléphone ou comment transformer ce numéro en un URL (voir www.enum.org) ? Ici, Neustar a une bonne longueur d’avance et compte bien exploiter cet avantage. Son implication dans la libéralisation de la zone chinoise, qui sera achevée en mars prochain, en est la première conséquence.