.EU (Europe) EURid met en garde contre des pratiques douteuses
Le registre du .EU pointe l'aspect frauduleux du "pooling", soit le fait pour les registrars de cumuler les demandes de pré-enregistrements pour ensuite les céder au plus offrant.
Depuis maintenant plus d'un an, EURid surveille avec attention ceux qui pourraient tenter d'abuser les futurs clients du .EU. Ainsi le registre s'est montré dynamique pour prévenir, par voix de communiqués de presse, contre les pré-enregistrements qui ont longtemps été proposés par des gens qui n'étaient pas registrars accrédités.
Un danger qui, d'ailleurs, reste d'actualité puisque le dernier communiqué d'EURid y revient : "On nous a signalé un certain nombre de sociétés qui ne sont pas des registrars accrédités pour le .EU mais qui proposent quand même des pré-enregistrements. Il est important de souligner que dans son règlement no 874/2004 (ndr : les fameuses Règles de Politique d'Intérêt Général), la Commission européenne stipule que seuls les pré-enregistrements venant de registrars accrédités peuvent être envoyés au registre. De plus, les registrars accrédités seront les seuls à avoir accès aux systèmes automatisés nécessaires à l'enregistrement d'un .EU."
Rappelons que ceux qui veulent enregistrer des .EU peuvent se tourner vers des registrars accrédités.
Une violation du contrat registrar
EURid pointe aussi du doigt une nouvelle pratique : le "pooling". "Nous savons que certains registrars ont décidé de grouper leurs pré-enregistrements avec ceux de partenaires pour ensuite vendre le nom ainsi obtenu aux enchères," dénonce EURid. "Or le règlement 874/2004 oblige les registrars à nous envoyer leurs demandes dans l'ordre exact dans lequel ils les ont reçues. Cette obligation est également inscrite dans le contrat que signe tout registrar accrédité avec EURid. Le pooling est une violation évidente de ce contrat et ces registrars qui le pratiquent risquent de voir leurs contrats suspendus et ainsi de ne pas pouvoir soumettre de demandes en .EU."
Le commentaire de DomainesInfo
Nous l'avons déjà dit plusieurs fois, mais il est évident que EURid retient les leçons du passé. Et notamment celles des précédentes ouvertures d'extensions Internet qui ont parfois tourné vinaigre.
Le .EU suscite énormément de convoitise et les habituels spécialistes de l'arnaque se pressent au portillon pour tenter d'abuser des utilisateurs finaux souvent prêts à tout pour s'assurer de leurs noms en .EU.
Ces phénomènes se sont déjà vus ailleurs. Mais cette fois, nous avons un registre qui semble prêt à agir. Car de mémoire de journaliste à DomainesInfo.fr, jamais un registre n'avait brandi la menace de la rupture de contrat – la sentence suprême pour un registrar – de manière aussi volontaire.
Reste que pour rendre son action vraiment crédible, EURid va devoir faire plus que montrer les crocs. Car les abus existent. A EURid donc, de savoir les sanctionner.
Et aux utilisateurs finaux de savoir se remettre suffisamment en question pour ne pas adhérer aveuglement à des propositions trop belles pour être vraies. Le .EU requiert une vraie compétence technique. Obtenir un nom dans le cadre de la période sunrise, compte tenu des multiples vérifications et du suivi important qu'il faudra assurer à un dossier, demande de vrais moyens.
Ceux qui font confiance à des sociétés proposant des enregistrements sunrise à des prix ne couvrant même pas leurs coûts ne peuvent qu'être déçus. Et lorsque le .EU tant espéré leur aura échappé, même la présence d'un registre réactif ne pourra les consoler.