.IQ (Irak) Les américains rendent le .IQ aux iraquiens
Depuis sa création en mai 1997, l'extension iraquienne n'a jamais été active. En la confiant à une entité proche du nouveau gouvernement, l'ICANN espère la voir enfin mise en service.
Le 28 juillet dernier, le conseil d'administration de l'ICANN autorisait le "redélégation" du .IQ. Ce terme barbare indique un changement de gestionnaire. C'est en effet au régulateur du nommage sur Internet de choisir qui veille sur telle ou telle extension. Un processus devenu d'ailleurs assez courant du fait des nombreuses extensions laissées en friche dans des pays où l'intérêt pour Internet est croissant.
Le premier gestionnaire du .IQ est en prison
En 1997, le .IQ fut confiée à une entité iraquienne par John Postel, l'homme qui, à l'époque de la préhistoire d'Internet, gérait tout seul (et lorsqu'il en avait le temps !) les demandes d'attribution d'extensions. Derrière l'entité iraquien, un certain Bayan Elashi oeuvrant au sein d'une société baptisée Infocom.
Elashi n'a jamais rien fait du .IQ qui, bien qu'actif au niveau des serveurs racines de l'Internet, n'a donc jamais été utilisé. Arrêté avec certains de ses compères d'Infocom en décembre 2002 par les américains, Elashi fut condamné en avril 2005 pour diverses associations de malfaiteurs et de terroristes puis envoyé en prison.
Le gouvernement provisoire iraquien était déjà en contact avec l'ICANN pour récupérer la gestion du .IQ et la condamnation de Bayan Elashi n'a fait qu'accélérer le mouvement. En effet, dans son rapport sur la redélégation du .IQ, l'ICANN précise "qu'elle prend très au sérieux le fait d'avoir l'accord du nouveau et de l'ancien gestionnaire lorsqu'elle traite une demande de rédélégation." Mais dans le cas présent, l'ancien contact étant indisponible pour cause d'emprisonnement (sic), l'ICANN a surtout noté que de 1997 à 2002, lui et Infocom n'avaient rien fait pour développer le .IQ ou servir les intérêts des internautes iraquiens.
A la demande du nouveau gouvernement iraquien, la gestion du .IQ a donc été attribuée à la National Communications and Media Commission, un organisme de régulation du secteur des télécommunications créé en 2004 par l'américain Paul Bremer, alors administrateur du pays. A noter, pour l'anecdote, que le directeur de la NCMC, Siyamend Zaid Othman, a obtenu son doctorat à Paris avant de travailler pour Amnesty International pendant six ans.
A quand les premiers noms en .IQ ?
La redélégation d'une extension n'étant que la première étape de sa renaissance, il est encore trop tôt pour savoir quand, et sous quelles conditions, le .IQ ouvrira. Le conseil d'administration de l''ICANN note simplement que le fait de confier le .IQ à la NCMC "sert les intérêts des communautés Internet iraquiennes et internationales." Une façon de suggérer que le .IQ sera une extension relativement ouverte et accessible aux déposants étrangers ? Affaire à suivre…