.XXX (Sexe) Le .XXX victime de la censure gouvernementale ?
L'ingérence du gouvernement américain dans la création du .XXX inquiète de plus en plus. Un groupe d'experts a publié une déclaration pour la dénoncer.
L'Internet Governance Project regroupe divers intellectuels principalement issus du monde universitaire ayant tous une expertise directe ou théorique sur l'Internet.
L'IGP a donc publié une déclaration fustigeant cette action gouvernementale et rappelant les principes d'indépendance qui ont mené à la création de l'ICANN. Un organisme qui n'a, de fait, jamais été indépendant. "En 1988, la gouvernance du système DNS a été donnée à un organisme privé à but non lucratif : l'ICANN," souligne l'IGP. "L'idée était de libérer les fonctions de gestion de base de l'Internet des pressions politiques et des rivalités géopolitiques. (…) Mais dès le début, le statut spécial du gouvernement américain au sein de l'ICANN est apparu en conflit avec cette philosophie."
L'IGP se montre particulièrement inquiet par les pressions "de groupes religieux désireux de réguler les contenus sur Internet" qui ont poussé le gouvernement à intervenir. Et trouve la manière dont le gouvernement américain s'est comporté bien peu sérieuse. "Le fait d'envoyer deux courtes lettres à trois jours d'un conseil d'administration de l'ICANN ne peut justifier l'annulation de 18 mois de procédure et plus d'un million de dollars d'investissement réalisé par le candidat à la gestion du .XXX"
Pour autant, l'IGP ne défend pas aveuglément l'ICANN. "Nous avons toujours poussé l'ICANN à créer de nombreuses extensions de premier niveau en répondant à la demande et en réduisant les pressions économiques, politiques et culturelles générées par ces extensions. Nous avons aussi demandé que les procédures de création de ces extensions soient objectives et neutres (…) au lieu des "concours de beauté" organisés jusqu'à présent. L'ICANN a continuellement refusé d'écouter ces conseils et en paye aujourd'hui le prix."
Malgré ces critiques, "l'affaire .XXX" est paradoxalement en train de faire passer l'ICANN pour un moindre mal face à l'alternative d'une gouvernance étatique. Ainsi la déclaration de l'IGP se présente comme une pétition que tous peuvent signer et à laquelle ont déjà adhéré des représentants du célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology), des ex-administrateurs de l'Icann, des journalistes ou encore des patrons de bureaux d'enregistrement de noms de domaine.