Christian Derambure vient d'être élu à la tête de la Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle. Il entend conforter la position des CPI.
Christian Derambure est le Président de la Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle (CNCPI), dont le nouveau bureau a été élu le 15 décembre dernier, dans le cadre d'une assemblée générale.
Pouvez-nous préciser quel sera votre programme, votre plan d'action ?
Le nouveau bureau de la CNCPI entrera en fonction début janvier. A cette occasion seulement, notre programme sera officialisé.
Quoiqu'il en soit, nous avons d'ores et déjà travaillé avec les autres membres du bureau à la mise en place de ce programme, véritable plan d'action que nous nous efforcerons de suivre pendant les deux ans à venir.
Comme je l'ai annoncé lors de ma profession de foi, je suis tout à fait confiant dans le devenir de notre profession. Les CPI ont une vocation naturelle pour être des acteurs de référence dans tous les domaines de la propriété intellectuelle.
La propriété intellectuelle, un sujet particulièrement vaste...
Oui, et c'est surtout une matière qui a énormément évolué.
Alors que les années 80 étaient essentiellement dédiées aux brevets, les années 90 ont, quant à elles, connu l'essor de la marque.
La fin des années 90, avec la consécration de l'Internet, a vu se développer toutes les problématiques de nommage sur l'Internet et aujourd'hui nul ne peut contester que les noms de domaine sont en plein dans le champ de la propriété intellectuelle et industrielle.
Dans ce contexte particulièrement mouvant, quelle est la place du CPI au regard des noms de domaine ?
Droits de propriété intellectuelle et noms de domaine font actuellement l'objet de nombreuses controverses. Les CPI doivent être des acteurs des débats sociétaux et juridiques. Naturellement, nous souhaitons améliorer notre visibilité auprès des professionnels. Pour cela, nous aurons des actions entreprenantes.
Nous sommes lucides et confiants. Nous souhaitons occuper de manière performante la place qui nous revient et qui est d'ailleurs consacrée dans le Code de la Propriété Intellectuelle.
Quels seront vos axes de travail ?
Nous agirons sur cinq terrains différents, sachant que notre priorité sera la formation et l'information. Formation interne des CPI, tout d'abord, mais également formation, par les CPI, des acteurs de la vie économique. Nous souhaitons par là améliorer notre visibilité et participer aux débats.
Ensuite, et à l'heure du rapprochement avec la fonction d'avocat, nous travaillerons naturellement sur le statut de notre profession.
Des groupes de travail se pencheront ensuite sur des sujets exclusivement liés à la propriété intellectuelle : brevetabilité des logiciels et des business methods, organisation européenne du règlement des litiges ...
Un autre aspect non négligeable sera le rayonnement externe de notre profession. Nous souhaitons en effet plus communiquer avec les entreprises. Notre profession est mal connue alors qu'on parle tous les jours dans les médias de la propriété intellectuelle ! Les praticiens de la "PI" sont des experts pluri-disciplinaires et savent conseiller leurs clients en matière de dépôts de brevets, de marques, de recherches, d'évaluations ... mais également en matière de contrats, de litiges ... et tout ceci en France comme à l'étranger et sur des questions aussi bien techniques que juridiques.
Au-delà des actions ponctuelles que peuvent avoir les CPI (déposer un brevet, une marque, un modèle ou un nom de domaine) et qui ont un caractère très consumériste, nous nous devons de faire mieux comprendre notre action qui vise in fine en la création d'un patrimoine immatériel dans l'entreprise via une stratégie de propriété intellectuelle.
Enfin, notre action visera à l'intégration plus efficace des jeunes CPI. Avec 607 professionnels répartis dans 150 cabinets, jamais le nombre des conseils n'aura été aussi important. Nous devons veiller à l'intégration de tous. A partir de janvier prochain, un jeune CPI fera d'ailleurs partie de notre bureau.
A propos de Christian Derambure :
Christian Derambure, cinquante sept ans, ingénieur civil des Mines, conseil en propriété industrielle depuis 1992, mandataire auprès de l’office européen des brevets de l’Office pour l’harmonisation du marché intérieur (OHMI), est associé du cabinet Breese Derambure Majerowiicz.
De 1997 à 1999, il a été trésorier de la CNCPI. Il est, en outre, membre du comité directeur de l’Association internationale pour la protection de la propriété industrielle (AIPPI) et de l’association des conseils en propriété industrielle (ACPI)