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Actualité Cahier juridique Spécial Europe English version


Par Stéphane VAN GELDER Par Stéphane VAN GELDER
stephane.vangelder@domainesinfo.fr
Interview
Publié le jeudi 24 novembre 2005
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« L'ISOC un vrai lieu de débat où tous peuvent participer » Sébastien Bachollet Sébastien BACHOLLET

Président de l'ISOC France
http://www.isoc.fr


A l'occasion du SMSI de Tunis, Sébastien Bachollet explique le rôle de l'ISOC, en général et au sein de ce sommet crucial pour l'Internet.

L'Internet SOCiety (ISOC) compte parmi les organisations clefs de l'Internet. Au-delà de sa vocation première qui est de rendre le Web accessible et utilisable pour le plus grand nombre, l'ISOC se présente comme le vecteur d'une coopération internationale sur l'ensemble des sujets clefs du fonctionnement d'Internet. Ainsi l'organisation compte bien entendu parmi les principaux participants au Sommet Mondial sur la Société de l'Information et était présente lors de la 2ème phase de ce SMSI à Tunis. Dès son retour de Tunis, nous avons demandé au président du chapitre français de l'ISOC de nous indiquer comment l'organisation perçoit le résultat du SMSI.


Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est l'ISOC ?
L'ISOC est une organisation internationale créée en 1992 par des pionniers de l'Internet et qui aujourd'hui regroupe autour de 20 000 membres dans 150 à 160 pays dans le monde. Dans un certain nombre de ces pays il y a des chapitres, c'est le cas de la France. Ce chapitre français compte aujourd'hui une centaine de membres.

Pourquoi un chapitre français et à quoi sert-il ?
Je crois que si on veut faire progresser l'idée d'un Internet pour tous, il faut que ce soit pris en compte au niveau national. Cela ne peut pas être seulement une décision ou une réflexion internationale. En même temps, pour influencer les décisions internationales il faut être présent. Donc le chapitre français a plusieurs objectifs dont celui de participer, au niveau français et européen, à ces réflexions.

Comment l'ISOC fonctionne-t-elle concrètement sur le terrain pour faire avancer cet idéal d'un Internet pour tous ?"
Cela dépend vraiment des chapitres ainsi que des hommes et des femmes qui les composent. Des activités sont organisées par chaque chapitre selon ses centres d'intérêts ou ceux du pays. En France, nous avons travaillé sur des évènements importants comme la manifestation d'Autrans qui a lieu, depuis dix ans, en janvier. Depuis cinq ans, avec le soutien d'un certain nombre d'organisations comme le CIGREF, le MEDEF, la CCIP ou encore DomainesInfo.fr, nous organisons une manifestation qui s'appelle EGENI. Elle a pour objectif de réunir des gens aux avis différents, de faire venir des personnes qui ne connaissent pas Internet, pour essayer d'étendre le nombre de personnes concernées et intéressées par les questions de gouvernance, de technologie et d'évolution de l'Internet.

Comment l'ISOC intègre-t-elle sont action avec celles des organismes de régulation, comme l'ICANN par exemple ?
Là encore, tout dépend de la vision qu'on a. Par exemple, les évolutions de standardisation sont très proches de l'ISOC puisque c'est elle qui aujourd'hui gère l'IETF. L'ISOC ne remplace pas les chercheurs qui travaillent au sein de l'IETF mais elle aide à l'organisation de cette communauté. De la même façon nous avons un certain nombre d'avis sur comment faire évoluer le réseau, mais c'est en complémentarité de ce que font les autres, que ce soit les gérants d'adresses IP comme les RIR (Registres Internet Régionaux) qui sont organisés au niveau régional, que ce soit l'ICANN au niveau international, que ce soit l'OMPI pour les questions liées à la propriété industrielle, etc. Nous essayons de jouer un rôle de fédérateur des différents intervenants et c'est vrai à tous les niveaux : français, européen ou mondial.

Vous revenez du SMSI de Tunis. Quelle y a été l'action de l'ISOC ?
L'ISOC monde a eu une action et une expression très fortes. Elle a montré que l'ISOC était un élément incontournable mais également sur lequel l'ensemble de l'Internet peut s'appuyer et que c'est un vrai lieu de débat où tous peuvent participer. L'ISOC est prête à aider pour que la gouvernance se passe mieux, que ce soit au niveau de structures existantes ou celles à créer comme le Forum.
L'action de l'ISOC France a été beaucoup plus ciblée. Notre premier objectif a été de continuer à faire connaître l'ISOC aux intervenants français et européens. Nous avons aussi œuvré pour faire revivre une ISOC francophone parce qu'il nous semble important de ne pas s'arrêter à la vision anglophone du monde. Pour ça, il faut qu'il y ait des structures qui fonctionnent au niveau de la francophonie.

Quelle est votre analyse des résultats de ce sommet ? A-t-on avancé ?
Oui. Déjà parce qu'il y a beaucoup plus de gens qui s'intéressent ou se préoccupent des questions liées à l'évolution d'Internet. Rien que pour ça c'est fabuleux. En marge du sommet il y avait une exposition… on pourrait dire que c'était le SICOB, mais un SICOB international. C'est-à-dire qu'on pouvait y voir que le monde n'est pas uniquement organisé entre l'Amérique et l'Europe, mais qu'il y a plein d'autres pays qui ont des choses à dire et à faire. Ils ont leur vision, qui n'est pas forcément la même que la nôtre ou que celle des américains, mais qui est absolument passionnante. Donc rien que pour ça le sommet est un succès.
Est-ce que c'est un succès au niveau des décisions prises par les gouvernements ? Oui puisqu'ils se sont tous mis d'accord. Est-ce que cet accord va tenir longtemps ? L'avenir nous le dira… Personnellement je ne crois absolument pas au Forum parce que je ne vois pas comment on peut trouver le temps, l'argent ou les compétences pour rajouter une structure de plus pour parler de trucs en plus. On ne peut pas passer notre vie à aller d'un pays à l'autre, de réunion en réunion. Peut-être que les fonctionnaires peuvent se le permettre, mais la société civile ou économique ne doit pas pouvoir se le permettre. C'est donc une des vraies difficultés. Ceci étant dit, je pense que l'important serait, avant de dire qu'il y a une solution au niveau mondiale, de se poser la question de savoir si on a un Forum au niveau de la France, de l'Europe ? La réponse est malheureusement non et il serait intéressant de commencer par ça. Qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer la gouvernance ou niveau de la France et de l'Europe. Et que nous puissions ensuite dire :" voilà nos expériences, ce que nous avons fait, ce que nous avons réussi… il serait intéressant de les mettre en place au niveau mondial". Aujourd'hui on fait l'inverse.

Quels sont les grands chantiers qui attendent l'ISOC pour l'année à venir ?"
Il y a un chantier particulier qui attend l'ISOC France puisque 2006 marque les dix ans de sa naissance. Nous espérons donc continuer à être présents dans les débats tout en organisant un EGENI 2006 qui soit à la hauteur de cet anniversaire.
Points essentiels de l'interview


•  Lire : "L'ISOC France renouvelle son CA"


 

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Stéphane Van Gelder