A l'instar des catalans, les bretons veulent leur extension Internet. Présentation du projet .BZH, actuellement au stade d'étude préliminaire.
En langue bretonne, "breizh" dénote cette région fière de sa culture et de son héritage. Symbolisée par les trois lettres "bzh", la Bretagne ambitionne d'entrer de plein pied dans l'ère numérique grâce à la création d'une extension Internet éponyme. Le projet existe déjà. Un projet sérieux, comme l'illustre la présence de Matthieu Crédou – qui travaille dessus – à la réunion ICANN de Los Angeles. Nous l'y avons rencontré pour en apprendre un peu plus sur l'extension bretonne.
Matthieu Crédou, pourquoi êtes-vous à Los Angeles pour cette réunion de l'ICANN ? J'y viens en tant que consultant pour Bretagne Prospective. Cette association a été chargée par la Région Bretagne de réaliser une étude de pré-faisabilité du .BZH. Pour rappel, l'idée d'un .BZH a été lancée il y a deux ans, suite à la création du .CAT, par le député du Finistère Christian Menard. Il faut dire que le .CAT a inspiré bon nombre de régions…
Dans la foulée de l'idée de Monsieur Menard, un groupe d'internautes a lancé une pétition en ligne pour demander la création d'un .BZH. Aujourd'hui, ce sont plus de 15 000 signatures qui ont été enregistrées sur le site PointBZH.com.
A la suite de ces initiatives, le Conseil Régional s'est saisi du dossier. Il a voté à l'unanimité une motion de soutien au projet. Un Comité de Pilotage a donc été constitué. Il réuni l'association de Christian Menard, le site pointbzh.com, la région et l'association Bretagne Prospective que je représente.
Ma présence ici doit aussi me permettre d'établir des contacts avec l'ICANN.
Quel est le but de l'étude de pré-faisabilité ? Elle indiquera à la Région à quoi pourrait ressembler le dossier de candidature du .BZH et comment le mettre en place. Elle présentera le fonctionnement de l'ICANN. Nous y réaliserons également une évaluation des initiatives du même type déjà lancées et avec lesquelles nous avons des contacts, comme le .GAL (ndr : pour la Galice) ou le .CYM (ndr : pour le pays de Galle). Bien entendu, la création du .CAT y sera détaillée.
Qui finance vos travaux et avez-vous une date précise à laquelle vous devez rendre l'étude ? A ce stade préliminaire, c'est la Région qui finance. Si le projet avance, la Région compte faire appel au tissu régional, aux sociétés et entreprises locales. L'étude a été commandée fin septembre et doit être présentée au Comité de Pilotage fin décembre. Ensuite, une équipe sera en charge de rédiger le business plan et le dossier de candidature ICANN.
Mais les prochaines étapes ne dépendent pas seulement de l'étude de pré-faisabilité mais aussi plus directement de l'ICANN et de son annonce éventuelle d'une nouvelle phase d'appel à candidatures pour la création de nouvelles extensions.
Le projet semble déjà bien avancé. On imagine pourtant mal qu'il puisse se faire sans le soutien du gouvernement français. Avez-vous eu des contact avec l'Etat ? Très tôt, Christian Menard avait fait remonté le projet vers Matignon. En septembre François Fillon a donné un avis favorable et indiqué qu'il confiait le dossier au ministre de l'économie Christine Lagarde.
Cette réunion ICANN a par ailleurs été pour moi l'occasion de rencontrer le représentant du ministère de l'Industrie Didier Le Moine.
Quelle type d'extension pourrait être le .BZH ? Même si le .CAT nous sert d'inspiration, je ne suis pas certain que nous puissions réunir les mêmes conditions. Le Breton est loin d'être aussi présent que le Catalan et il serait donc difficile de demander sur le .BZH le même niveau d'affichage du Breton que le Catalan sur le .CAT. Mais le but du .BZH est d'apporter une vraie valeur ajoutée à la communauté bretonne. Il y a aussi la notion de marque. Les initiatives comme le .BERLIN ou le .PARIS montrent l'importance pour les villes correspondantes de développer un vraie marque – leur marque – sur Internet. L'image de la Bretagne a travers le terme "breizh" est déjà forte et nous souhaitons la prolonger sur Internet.