Dirk Krischenowski, PDG de dotBERLIN a été l’un des premiers à défendre l'idée d'extensions dédiées aux villes et à leur population. Explications.
Pouvez-vous nous rappeler l’origine des cityTLD et du .BERLIN ?
L’idée des cityTLDs est assez générique. Je ne me considère pas avec le .BERLIN comme l’inventeur du concept mais plutôt comme un émulateur. Ce projet de .BERLIN est né dès 1999, à l’époque où l’idée d’extension nouvelle était en train d’émerger à l’ICANN.
D’autres personnes, comme Paul Garrin menait la même réflexion à New York. Il y a même eu 2 propositions de .NYC en l’an 2000. Tom Lowenhaupt (membre du community board de New York depuis 15 ans) a proposé en 2001 sa propre version du .NYC lors d’une assemblée dans le quartier du Queens.
Entre 2001 et 2005, lorsque nous nous sommes présentés à la réunion ICANN du Luxembourg, aucun projet de cityTLD n’avait abouti. Avec l’arrivée du .CAT, .ASIA et .EU en 2004, le projet .BERLIN a trouvé de sa légitimité.
Où en est actuellement le projet .BERLIN ?
Nous en sommes à un stade avancé des négociations avec le sénat berlinois et espérons lancer un communiqué officiel dans quelques semaines. Ce sera une étape décisive pour la crédibilité future du .BERLIN. Par ailleurs, concernant notre candidature nous sommes opérationnels et prêts à remplir le dossier ICANN.
Quelle est la dernière campagne en date mise en place pour défendre le .BERLIN ?
Le site sei.berlin.de (équivalent allemand de "be.berlin.de"). Il s’agit du site officiel pour la campagne TV et presse du "Be Berlin".
De quels appuis et sponsors bénéficie le .BERLIN ?
Nous bénéficions de l’appui de la Chambre du tourisme de Berlin, des pages jaunes, de prestataires de services Internet et de plusieurs hôtels berlinois (la liste complète est disponible sur ce lien). Nous avons aussi déjà une très bonne image auprès des entreprises berlinoises innovantes. Une étude marketing conduite début 2007 a montré que 13% des internautes interrogés étaient déjà au courant de la création d’un .BERLIN (sur un panel de plus de 4000 individus de tout âge, sexe, niveau social).
Je pense que notre existence auprès du grand public est aujourd’hui encore plus grande.
Selon vous, un projet de CityTLD peut-il être entièrement défendu par une société privée ?
Pourquoi pas. De nombreux ccTLD et gTLD sont gérés selon ce modèle, comme le .COM, le .DE ou le .UK. Bien-sûr tous ces ccTLDs privés ont des contacts étroits avec les gouvernements de leur pays respectif. Ce sera aussi le cas des CityTLD.
A ma connaissance, les initiatives de CityTLDss les plus sérieuses se font en étroites relations avec les gouvernements ou municipalités concernés. Cette entente est primordiale car les villes elles-mêmes seront les premières utilisatrices de ces futurs CityTLDs avec des noms et des services identifiables du type maire.paris, taxoffice.london, courts.berlin…
Et concernant les projets de CityTLD portés directement par une municipalité ?
Si une ville est directement à l’origine de son CityTLD, il faut qu’elle soit au fait de l’ensemble des problèmes de cybersquatting, de contenus douteux, de phishing, etc… Beaucoup de villes, candidates à l'obtention d'un CityTLD, veulent appréhender toutes les questions légales liées aux noms de domaines.
Quelle différence fondamentale occupera un « CityTLD » par rapport aux extensions génériques ?
La différence fondamentale tient au fait que les CityTLDs créeront une identité localisée sur internet sur la base d’un terme connu de tous, le nom de la ville.
Quels avantages offriront les CityTLDs aux internautes ?
1) les cityTLDs vont constituer une entrée unique et facilement identifiable pour les internautes;
2) Ils serviront de plateforme de communication pour toute la communauté rattachée à cette ville;
3) les cityTLDs offriront par ailleurs une gamme de services (transport, information…) directement rattachée à la ville;
4) Enfin, les cityTLDs entraineront une chaine de bénéfice profitable à toute la ville.
A présent, parlons du .BERLIN. Quels avantages offrira cette extension à la population berlinoise ?
Le principe ici est de proposer une extension utile localement. Aujourd’hui, près de 130 000 noms de domaine utilise le terme "berlin". Grâce au .BERLIN les internautes identifieront directement une gamme de contenu du type www.taxi.berlin, www.hotel.berlin.
Que pensez-vous de la version actuelle du manuel ICANN à destination des futurs candidats à la création d’une nouvelle extension gTLD ?
Du bon travail, exhaustif, bien mieux que ce que nous avions en 2004. C’est un bon exemple de ce que trois années de dialogue entre les parties intéressées peuvent produire. Nous avons encore des doutes sur l’agenda ICANN. Sera-t-il respecté ? Le tarif ICANN pour la création d’une nouvelle extension reste aussi encore trop élevé. Nous avons déjà réagi à ces questions lors de l’appel à commentaires après publication du manuel.
Quelle est aujourd’hui la stratégie du .BERLIN au regard du calendrier 2009 de l’ICANN ?
Poursuivre notre travail et agir sur les sujets qui nous semblent importants. Et bien sûr postuler au plus vite cette année pour la création du .BERLIN.
• DomainesInfo spécial "cityTLD" et extensions régionales : Tout au long du mois de Janvier et Février, retrouvez dans DomainesInfo une série d’articles consacrés à la question des CityTLD (tel que le .PARIS) et aux futurs extensions régionales qui verront peut être le jour d’ici 2010. Des articles ici , ici, ici, ici, Ici, ici et ici.